mardi 10 mars 2015

Avant-première: Les châteaux de sable

Les Châteaux de sable : Affiche

 

L'histoire est simple: une photographe, Eléonore, se rend en Bretagne pour vendre la maison de son père qui vient de mourir. Son ex, Samuel, l'accompagne dans cette maison de bord de mer pour le week-end. On nous le dit dès le départ, Samuel vit dans le passé, Eléonore vit dans le présent. Au fil des minutes on se demande si ce n'est finalement pas le contraire et nous voilà embarqué dans un film qui parle de deuil, d'amour et de renouveau.

UNE BRETAGNE MECONNUE MAIS REALISTE


Tourné en Bretagne deux questions se posaient: où cela se passait-il ? (je n'avais que l'élément côtes d'armor) Est-ce-que la Bretagne allait être celle que je connais ?

Le jeu de piste commence dès les premières minutes. Un lieu-dit en breton. Bon, on doit être en Basse-Bretagne alors (c'est pas forcé, mais c'est une réalité que plus on avance vers l'est de la région plus les "ville" remplacent les "ker"). En plus de l'information Tréguier qui filtre à un moment donné, une scène sur la plage propose un paysage où la lumière change en quelques secondes du tout au tout "je verrais bien ça dans le Goëlo du coup". Un pont. "Celui de Lézardrieux ?"

Bingo!

Très fière de moi, je suis aussi contente que l'on filme ce bout de Bretagne qui l'est peu souvent. A y penser, coincé entre les mastodontes touristiques que sont la Côte de Granit Rose et l'île de Bréhat, ce secteur entre Jaudy et Trieux est mine de rien assez boudé par les touristes, qui sont souvent ignorants de sites tels que le Sillon de Talbert, magnifiquement présenté dans ce film. Il n'y a en vérité pas tant de visuels de la Bretagne que ça, l'action du film se déroulant majoritairement dans la maison. Mais le peu que l'on nous montre ce sont de magnifiques panoramas, pas éloignés de la réalité (et puis y'a quand même un personnage qui s'appelle Maëlle Prigent et ça fait tellement terroir que ça perturbe ;)

A noter que le titre du film est tiré d'une chanson de Brassens qui, dans les dernières années de sa vie, a acheté une maison à Lézardrieux.

UN FILM D'AMBIANCE


Les châteaux de sable, c'est un film d'ambiance. Un film où les personnages naviguent entre une narration omniprésente, une bande-son à tomber (Patrick Watson) et des photographies en noir et blanc superbes (Frédéric Stucin)

Si je salue l'idée de proposer un film qui se vit à la manière d'un roman (une chose voulu par les auteurs dès la conception du scénario) j'ai tout de même un gros point d'interrogation quant à cette voix-off qui serpente le long du film. Au départ, je ne vais pas le nier, je me suis vraiment dit que j'allais souffrir. Après je me suis habituée aux informations que cette voix omnisciente nous donnait. On en a discuté à la fin de la séance de cette structure pas comme les autres et en particulier de cette voix-off qui nous a plusieurs fois agacées. La faute au texte ? La faute à la voix qui, contrairement à ce qu'en dit le réalisateur, n'est pour moi absolument pas jouée ? Toujours est-il que cette voix qui satisfait notre curiosité grandissante face à ces personnages - qui seraient très mystérieux si elle n'existait pas - est parfois l'ennemi d'un rythme qu'elle détruit.

Parlons du rythme d'ailleurs, qui est assez déconcertant au premier abord. Parce-qu'en plus de cette narration qui nous raconte l'envers du décors, on découvre aussi les personnages à travers des flash-back et des apartés sur leur quotidien (raconté par la fameuse voix ou par eux-même). S'y ajoutent les photos prises par Eléonore ou son père, instantanés noir et blanc qui "diapositivent" l'image mouvante. Une réalisation loin d'être linéaire donc, qui irrite autant qu'elle fascine. 

UN JEU D'ACTEURS QUI LAISSE PERPLEXE


Si Jeanne Rosa m'a, dès ses premières scènes, totalement conquise, ce ne fut pas la même chose pour le reste du casting. La justesse du jeu m'a paru dans les premières minutes très limite. Le film avançant, j'ai fini par adhérer au jeu d'Emma de Caunes mais rien n'y a fait pour Yannick Rénier, ni pour Christine Brücher.

Anecdote Av-première.: A la question "certaines scènes n'ont pas été trop difficile à jouer" Emma de Caunes a répondu que l'un des moments qu'elle a trouvé le plus compliqué était celui où Jeanne Rosa (Claire), apparemment une amie dans la vie, faisait "hop, hop, hop" en tapant des mains. Elle devait alors se concentrer pour ne pas rire. Ça m'a de suite fait penser au petits films que nous tournions mon frère, ma soeur et moi il y a quelques années et à tout ces bétisiers qu'on accumulait à force de rire dès que l'un d'entre nous exagérait un tout petit peu son rôle.

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ET PUIS IL Y A L'AVANT-PREMIERE...


... et le facteur imprévu qui a voulu que je finisse par faire photographe pour la copine qui voulait poser à coté de Emma de Caunes. Et me voilà donc à faire ce que je ne fais jamais, à savoir poireauter devant l'équipe du film. Je ne vais pas trop me plaindre, j'aime aussi les avant-première pour le fait de voir des acteurs/actrices au naturel, et être comme ça à voir Emma de Caunes parler aux gens, ça me donne un petit aperçu de la personne derrière l'actrice - une femme qui m'a tout l'air d'être une petite rigolote au vu de sa bonne humeur et de ses réponses tantôt sérieuses, tantôt second-degré. Il n'empêche que lorsqu'est venu le moment de prendre la photo, j'ai voulu dire quelque chose. Je ne savais pas quoi, alors un "félicitations" tout bredouillant est sorti de ma bouche. Qu'est-ce-que je me suis sentie idiote! Bredouiller, sérieusement ?! Pour un simple petit mot sans importance. Qu'est-ce-que ça aurait été si j'avais été devant quelqu'un que j'admire énormément... En rentrant, j'étais en colère contre ma réaction face à l'instantanéité: j'aurais pu demander à Emma de Caunes de transmettre mes félicitations à Jeanne Rosa, ça aurait été plus moi. Ma colère a légèrement baissée lorsque j'ai pris conscience que j'étais souvent comme ça face à des inconnus. Il faut que j'aprenne à me détendre (stage de yoga ?)

J'ai aussi pu me faire cette remarque, que c'est drôle comme le cinéma fait les gens plus grands qu'ils ne le sont vraiment.

Last but not least, la perle de l'avant-première, revient à ces deux jeunes femmes qui ont pris le micro pour dire qu'elles avaient beaucoup apprécié malgré le fait qu'elles "venaient pour 50 shades of grey en fait (...) au départ je me suis dit que j'allais mourrir d'ennui mais finalement j'ai bien aimé (...) et puis on a quand même eu notre scène érotique."

Sortie prévue le 01 Avril 2015
Dossier de presse avec interviews: ici

Posté par ElanorLaBelle à 09:01 AM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [0] - Permalien [#]
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