mercredi 16 mars 2016

De l'endroit où l'on vit

Vivre à la campagne ? En ville ? En coloc ? Seule ? ... Ceci est un billet complexe qui peine à prendre forme tellement les réflexions se succèdent. Allez, je tente une première (et longue) mise à plat.

Lorsque je suis retournée vivre chez mes parents lors de ma troisième année de Master, ça a été très dur pour moi. Je venais de vivre deux années très intenses, dont un an à l'étranger – dans deux pays différents : le retour en France était dur, je voulais repartir. C'était compliqué de revenir vivre chez mes parents après 5 ans d'indépendance, d'autant plus que le contraste était important (vraie ville vs vraie campagne) et que ma chambre n'était pas vraiment mienne : le déménagement avait eu lieu au moment où je rentrais à la fac, du coup je n'avais pas vraiment eu le temps de m'approprier cet espace. Bref, je me souviens encore très bien de moi disant que ça allait forcément être « provisoire, parce que je ne tiendrais pas sur la durée ». Effectivement, ça a été compliqué durant au moins la première année car je voyais ce retour comme une contrainte forcée, une perte d'indépendance. Quatre ans plus tard, ma vision des choses est tout autre et après y avoir réfléchi, je constate qu'aujourd'hui, je vois ça plutôt comme une chance de libertéCelle d'être quelque part tout en étant mobile, celle d'avoir accès à la campagne et à la ville. 

Car si je suis domiciliée chez mes parents, ma vie est plutôt « nomade ». Rien que sur le dernier mois, j'ai vécu à la campagne, en ville, seule, avec ma sœur, chez mes parents seule, chez mes parents avec ma sœur. Autant de paramètres qui créent des réalités différentes et des façons de vivre bien distinctes qui ont un impact sur mon sommeil/mon appétit/ma productivité/ma créativité... J'aime cette vie de mouvements, mais j'avoue que c'est aussi épuisant, physiquement et psychologiquement. Sans compter que ce n'est pas forcément l'idéal pour avoir une vie sociale et sentimentale digne de ce nom. La visite de S. ma super coloc de Lyon, l'emménagement de Mamzelle'M dans son nouvel appartement, les deux semaines passées à Rennes, le retour à la campagne sous un beau soleil, la relecture des archives du blog, un long week-end seule (…) autant de choses en peu de temps qui m'ont fait me poser la question :

C'est quoi la « meilleure » formule?
(si je me décide à me poser)

 

Saint-Malo avec Mamzelle'M - Janvier 2016

LA VIE EN COLOC

- Les rigolades et la cohabitation -


 Cette forme de cohabitation c'est ce que je connais le mieux. Déjà au collège, je ne rentrais que les week-end. Idem pour une partie du lycée. Ma licence s'est passée à Rennes en coloc et durant mon master j'ai fait de la colocation trois fois. Sans compter les séjours réguliers chez mon frère/ma sœur. J'ai de bons souvenirs dans l'ensemble mais j'en ai aussi de moins bons, voir des carrément mauvais et je pense donc que c'est une option géniale si on est avec les bonnes personnes – surtout lorsqu'on est comme moi quelqu'un de plutôt solitaire et d'introverti, mais aussi une grande pipelette ! J'avoue, voir Mamzelle'M emménager dans son nouvel appart, ça a ravivé les bons souvenirs:)

 

Dans ma chambre - Mars 2016

LA VIE CHEZ MES PARENTS

- La tranquillité et la non-tranquillité -


 Depuis que ma sœur est revenue vivre en Bretagne, elle est plus souvent chez mes parents. Ce qui a transformé ma « vie chez mes parents » en deux parties distinctes : les fois où je suis la seule « enfant » là-bas et les fois où ma sœur est là. Pour avoir plus pratiquée la seconde option ses derniers mois, j'avais oublié comment la première est tout à fait différente. En fait, je m'aperçois que vivre chez mes parents lorsque ma sœur n'est pas là, c'est un peu comme une forme de coloc : chacun fait ses choses de son coté, j'organise mon temps comme je veux et il y a des moments de partage. Il y a aussi des moments de tensions, mais au final, pas plus que dans une coloc classique. Lorsque mon frère et/ou ma sœur rentrent, j'ai plus l'impression d'être « en famille » et la dynamique est tout à fait différente. En revanche, la présence de ma sœur m'aide (étrangement) à me coucher plus tôt, lorsque les beaux jours arrivent c'est une super collègue de rando/de baignades et c'est une grande pourvoyeuse de bons gâteaux. Et si on se dispute parfois, on rigole quand même beaucoup aussi.

 

Vue de mon studio à Budapest - Septembre 2010 

VIVRE SEULE

- L'indépendance et la solitude -


 Il y a une semaine, je me suis retrouvée seule dans un appartement durant quelques jours et j'avais décidé de me plonger dans le tri du blog. Hasard des choses, alors que je pensais être arrivée à l'été 2010, j'étais en fait à Budapest... la seule fois de ma vie où j'ai eu mon appartement toute seule. J'ai vécu (et relu) les avantages et les désavantages. Vivre seule, c'est parler moins et j'ai constaté que ça me fait m'exprimer plus facilement dans l'écriture et le dessin. Je suis aussi plus efficace dans tout ce qui a trait à la concentration - normal. C'est donc tout bénef pour certains projets. En revanche, sur trop longue durée, comme l'expérience Budapest me l'a fait constater, c'est pas top : rentrer dans un appartement vide et calme, manger seule, ce sont des choses qui finissent par mordiller le moral.

 

Budapest - 2010 

LA VILLE ET LA CAMPAGNE

- Le dynamisme et le calme -


 Lorsque je suis arrivée à la fac, une des choses qui me faisait le plus plaisir, c'était d'aller habiter en ville, de pouvoir profiter de tous ces petits avantages de citadins. Imaginez, ma vision des villes se limitait à l'époque à une visite à Paris et une au Havre enfant, des journées à Brest, une semaine à Madrid et un après-midi à Rennes. Autant dire que lorsque j'ai emménagé dans cette ville à 18 ans, c'était un peu énorme pour moi. Aujourd'hui, malgré le fait que mon cercle de villes se soit élargis, je dresserais sans doute la même liste des avantages: avoir accès à la bibliothèque/au cinéma/aux commerces sans prendre de voiture, avoir des horaires élargis pour ces derniers, pouvoir me poser dans un salon de thé sympa, observer l'agitation, aller au marché, se balader dans les parcs publics, me nourrir d'architecture, faire des séances papotages avec les amis, ne pas avoir à enjamber des torrents de boue, ... 

Mais à cette époque de l'année, au petit jeu "ville vs campagne", la campagne gagne. Faut dire que mon accès à la campagne il est quand même super chouette: la mer à 3 km à peine, pleins de randos sympa, une maison avec un grand jardin-parc, le calme, les chats, ... Lorsque le soleil est là, mon corps tout entier me remercie de quitter la ville et son vacarme et de choisir la campagne et toutes ses activités saines et reposantes. Ceci étant, lorsque c'est la pluie qui gagne, mon avis est plus contrasté - d'autant plus que pour l'instant, dans l'option campagne, je perds quelque chose d'important: une vie sociale. 

 

Au Grand Rocher, Plestin-les-grèves - Février 2016

CE QUE J'EN CONCLU

- Je suis pas sortie de l'auberge! -


 J'aimerai vraiment avoir un espace de travail - bureau ou atelier, mais en terme d'espace vital, une chambre me suffit. J'ai besoin d'avoir des week-ends, voir des semaines, toute seule de temps à autre parce que ça booste mon cerveau. Une forme de retraite créative quoi*. J'ai tellement bougé à droite à gauche que j'ai du mal à m'imaginer être quelque part en permanence durant une longue période. Et si j'adore les avantages d'une ville, mon essence campagnarde refait rapidement apparition - surtout durant les beaux jours. Autrement dit, je suis pas sortie de l'auberge!

Sauf coup de théâtre majeur, le printemps et l'été se vivront majoritairement à la campagne chez mes parents. A choisir entre vivre les beaux mois entourée d'arbres et au calme ou dans une ville avec la pollution sonore et dans l'exiguïté d'un appartement, mon choix est vite fait. C'est vrai que j'aurai moins l'occasion de voir mes amis mais c'est vrai aussi que l'été en général c'est compliqué de toute manière (animation, tourisme, culture, c'est la saison estivale qui commence et les jobs qui vont avec si on est chanceux-se). En revanche, lorsque l'automne va arriver, la question va très probablement revenir sur le devant de la scène (agrémentée peut-être d'autres paramètres rigolos du genre « en France ou à l'étranger ? »). 

Mais d'ici-là j'aurai peut-être une réponse à ma question qui sait...

Note: * D'ailleurs, je vais vous confier un de mes grands rêves depuis très longtemps. Mes parents n'ont jamais été propriétaires et je n'ai jamais pensé à l'être, surtout parce que je ne me vois pas choisir un lieu "fixe" où vivre. Sauf que depuis une bonne grosse dizaine d'années, je rêve d'être propriétaire (ou co-propriétaire) d'une toute petite maison isolée dans la campagne (dans les Monts d'Arrée par exemple. Je dis ça, je dis rien). Un lieu où je pourrais faire mes retraites créatives justement.

Posté par ElanorLaBelle à 06:04 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Commentaires sur De l'endroit où l'on vit

Nouveau commentaire