jeudi 27 octobre 2016

Ma semaine cinéma: le festival du film britannique de Dinard 2016

 

Le premier compte-rendu cinéma de l'année, waouh ! J'ai tendance à délaisser cette catégorie, non pas que j'aille moins au cinéma (quoique, elle est loin l'époque des 17 séances mensuelles) mais surtout parce que je suis de plus en plus critique vis à vis de mes « avis » qui sont de moins en moins construits. A la question « Alors, tu as trouvé comment ce film ? » j'ai tendance à répondre un « c'était cool » ou un « c'était intéressant », un « bof » ou un « ouais, non, j'ai trouvé ça nul » mais jamais une réponse un peu plus construite qui justifierait mon avis.

J'ai à la fois une confiance limitée en mes goûts cinématographiques (j'ai beaucoup de mal à dire « j'ai adoré, je te le conseille ») et très limitée lorsqu'il est question d'englober le-dit film dans un ensemble et de discuter les choix scénaristiques, de photographie, de réalisation, de costume ou encore la qualité du jeu. Je fonctionne tellement à l'atmosphère et au « coeur » que vite, si ça me plaît, j'ai tendance à perdre tout sens critique. Si je trouve un film moyen, je n'arrive en général pas trop à savoir pourquoi, car je ne m'y attache pas. Je crois que c'est seulement lorsque j'ai détesté que j'arrive un peu à définir pourquoi (et encore). Bref, j'ai de plus en plus de mal à parler films et séries mais on va faire une exception pour le festival du film britannique de Dinard, un festival que j'affectionne particulièrement.

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Ce que je reprochais principalement à la sélection de l'année dernière, c'était le coté pas tout à fait abouti des films, un problème avec les fins qui arrivaient un peu sans crier gare. Ça, et un coté assez sombre / glauque, comme si la production d'outre manche ne savait pas nous donner également de belles fresques historiques, des histoires au sujet dur mais au traitement lumineux ou de franches comédies. Soit c'est parce que j'avais fait de vrais choix en amont (j'ai vu ce que je voulais voir et j'ai laissé ensuite une place aux conseils et au bouche à oreilles, pas l'inverse), soit c'est parce que la sélection était plus éclectique, toujours est-il que j'ai beaucoup aimé cette édition et en ai sorti de vrais coup de coeur. A repenser aux films que j'ai vu, beaucoup parlaient de construction de soi et d'affirmation de sa personnalité.

Mes trois premières séances ont été trois très bon moments,

This Beautiful fantastic, de Simon Aboud

L'histoire d'une jeune femme solitaire qui vit avec ses tocs, ordonnée à l'extrême sauf pour son jardin dont elle a une peur maladive. Une série d'evenements, bouleverse son rapport aux choses et aux gens.

Casting de rêve (Jessica Brown Findlay, Tom Wilkinson, Andrew Scott et Anna Chancelor) pour un conte du quotidien aux envolées poétiques. On joue sur les extrêmes et les contrastes, sur ces rencontres qui changent la façon de voir les choses et qui enrichissent chaque individu. Le scénario est classique et assez prévisible mais qu'importe au fond, parce que je me suis tout de même lovée dans cette atmosphère hors du temps (les couleurs, les décors; le visuel est attrayant) et je suis sortie de la séance à la fois toute émue et remplie de tendresse.

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Tommy's honour, de Jason Connery

Dans l'écosse de la deuxième moitié du 19e siècle, l'histoire vraie de deux légendes du golf, Tom Morris père qui a révolutionné la pratique de ce sport et de Tom Morris jr, son fils, grand champion.

Le golf c'est pas vraiment mon truc, mais le 19e, l'Ecosse et les histoires vraies, oui, donc forcément y'avait de bonnes chances pour que ça me plaise. Bingo! J'ai même eu envie de jouer au golf. La photographie était superbe, le jeu convaincant et l'histoire prenante (l'émancipation vis à vis de la figure paternelle et vis à vis de sa condition sociale, le portrait de figures du golf Tom Morris père et fils). Et puis lorsque j'ai trouvé à de rares occasions que les parties de golf traînaient en longueur (je rappelle que je ne suis pas une golfeuse dans l'âme) mes yeux étaient rivés sur l'acteur qui joue Tommy (nan mais il a un accent quoi!)(oui, bon, faut bien que je glisse entre ces lignes mes petits travers: on est dans un blog "humeurs" après tout;)

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Sing street, de John Carney (sortie en France le 26 octobre 2016*)

Dans l'irlande des années 80, un adolescent d'une quinzaine d'années décide de fonder un groupe de musique pour impressionner une fille qu'il a rencontré.

Au départ destiné à séduire la fille de ses rêves, la création du groupe devient l'occasion pour le héros de se chercher, musicalement et personnellement. Au fur et à mesure de ses découvertes musicales (superbe bande-son!), Conor s'affirme en tant qu'individu. Mais Sing street, c'est aussi l'histoire d'une fratrie face à la séparation de leurs parents. Ça parle de ce lien fraternel, ce mélange d'admiration, d'envie, de complicité, de transmission. En filigrane on évoque l'immigration vers le Royaume-uni, les drames familiaux, le système scolaire. Ce film, qui a été le grand gagnant du festival est une vraie bonne découverte, une bulle pétillante à souhait, dont on ressort avec le sourire.

 

Après ces coups de coeur, j'ai aussi vu des films qui ne m'ont pas autant emballés, mais qui étaient plutôt bien fichus,

Whiskey Galore, de Gillies Mackinnon

C'est un remake d'un film de 1949 (Whisky à gogo en vf), l'histoire des habitants d'une île écossaise victimes d'une pénurie de Whisky. Drame! Par chance, un bateau s'échoue non loin, un bateau rempli de caisses contenant le précieux liquide. Une comédie sympathique et rigolote, légère, différente de ce que je regarde d'habitude. Assez théâtral et rempli de pastilles loufoques, un film qui fait sourire.

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You're ugly too, de Mark Noonan

D'un sujet plutôt difficile (un oncle qui est en conditionnelle, récupère la garde de sa nièce tout juste orpheline et récemment diagnostiquée narcoleptique), le réalisateur tire un film étrangement serein. Pas de pathos, beaucoup d'humour sans pour autant tomber dans la comédie ou la caricature. J'ai trouvé ce film bien équilibré et je pense que c'est aussi du au fait que l'alchimie est parfaite entre Aiden Gillen et Lauren Kinsella et que leurs échanges sont particulièrement agréables à entendre et regarder.

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Adult life skills, de Rachel Tunnard

Anna vit dans la cabane de jardin de sa mère. Elle fait des vidéos avec ses pouces en guise de protagonistes principaux et travaille dans un genre de centre-aéré en pleine campagne. Anna a une vie routinière ponctuée par les remarques de sa mère qui ne comprend pas son mode de vie. Mais à l'aube de ses 30 ans, une successions d'éléments lui font remettre en question son quotidien. Les couleurs, le résumé, l'affiche, beaucoup d'éléments tendent vers la comédie loufoque alors que Adult Life Skills est avant tout une histoire de deuil, traité avec de la dérision certes, mais une histoire de deuil tout de même. D'amour aussi, au sens large. J'ai entendu des avis divergents sur ce film, moi, j'ai été la première étonnée de le trouver émouvant. (spoilers: j'ai beaucoup aimé cette fin, lorsque Brendan donne à Anna le badge de compétence jumeau seul)

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D'autres que je n'ai pas particulièrement aimé, mais bon, que j'ai pas non plus foncièrement détesté, 

Moon dogs, de Philip John

Arrivée au moment de résumer l'histoire et de donner mon avis, je me retrouve bien embêtée en fait: que dire? Finalement, il ne se passe pas grand chose... C'est l'histoire de deux jeunes hommes, Michael et Thor, qui ont en commun le fait que la mère de l'un et le père de l'autre, se soit mis ensemble. Michael se fait larguer par sa copine partie faire ses études à Glasgow mais ne l'admet pas. Thor, solitaire et barré dans la création musicale a des difficultés relationnelles avec son père et veut revoir sa mère partie elle aussi à Glasgow des années plus tôt. Ils décident donc de quitter leur île pour la ville, avec tous les deux l'espoir de renouer des liens avec ces femmes. Sur leur route, il croisent Caitlin, une chanteuse qui a la même envie de traverser le pays.  Un triangle "amoureux" (d'avantage de l'attirance que de l'amour), les rapports familiaux, la musique, la transition d'adolescent à adulte... des sujets abordés, certains plus réussis que d'autres.

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Away, de David Blair

Voilà le genre de films que je n'aime pas trop regarder, sombres et tourmentés, aux personnages abimés par la vie. Away, raconte la rencontre entre un soixantenaire paumé et dépressif et une jeune femme ancienne junkie qui rêve d'une vie meilleure et qui tente d'échapper à un homme violent en se rendant à Blackpool. Si je n'ai pas vraiment accroché, je lui reconnais en revanche des qualités, au niveau de la réalisation (l'histoire est un entremêlements de flash-back et de moments présents) et de l'esthétique (Blackpool est en décor parfait, mi-inquiétant, mi-magique, pour cette histoire qui tient à la fois du drame et du conte)

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Et puis, il y a cette grosse déception, ce film que j'ai vu en ouvrant grands les yeux de désespoir, en me disant "comment vais-je tenir jusqu'au bout?" Ouais, c'était à ce point et ça ne m'était pas arrivée depuis quelques temps (et quand je regarde la moyenne de 7.4/10 obtenue sur imdb, je me pose des questions...)

Love is thicker than water, de Ate de Jong et Emily Harris

Ce film fait partie de ceux où t'es un peu triste de ne pas DU TOUT les apprécier, parce que les personnes qui en sont à l'origine t'ont parus plutôt sympathiques. Mais c'est un fait, dès les premières minutes, je me suis demandée ce que je faisais là. Sur le papier ça sonnait comme une romance, à la rigueur un drame romantique. J'étais donc plutôt emballée même si A. avait réfrénée mes ardeurs en me disant que Johnny Flynn était un bon musicien mais un piètre acteur. En fait, ce monsieur Flynn s'est révélé être le cadet de mes soucis: le scénario est creux et parfois même pompeux, les personnages sont caricaturaux et pas du tout fouillés, l'esthétique très moyenne hormis une ou deux scènes habillement découpées. Nan, franchement déception. Pourtant, de ce pitch simple (un homme et une femme que tout oppose socialement parlant tombent amoureux) on aurait pu faire quelque chose de sympathique, rien qu'en approfondissant un peu les personnages par exemple. Ces personnages qui sont par ailleurs antipathiques par leur manque de lucidité et de réalisme. Bref, pour moi, un échec.

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* le seul des films que j'ai vu dont j'ai trouvé une sortie nationale en France. Espérons que la plupart trouvent un distributeur!

Posté par ElanorLaBelle à 12:56 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [0] - Permalien [#]
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