mercredi 31 mai 2017

Habitudes, routine et adaptation

Ce billet, je l'avais à l'origine écrit après mon séjour à Dublin. Il résultait du constat que je me suis fait à la fin de mes vacances: au bout de trois jours, j'avais déjà commencé à prendre mes marques, à me repérer dans l'espace urbain, à choisir telle rue plutôt qu'une autre. Après l'expérience Dublinoise de décembre, j'ai réalisé que je faisais la même chose à Rennes, que depuis que mon frère habitait dans ce nouvel appartement j'empruntais instinctivement de nouvelles routes, pas forcément les plus évidentes/simples/rapides, mais les plus à propos.

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(source)

A la question "quelles sont vos qualités ?" le fait que je m'adapte facilement revient souvent. Certes, coté adaptation sociale il y a encore du boulot, je ne suis pas quelqu'un d'extraverti, je ne vais pas vraiment vers les gens et j'observe beaucoup. Parler en face à face n'est pas un problème, étrangement, je n'ai jamais été quelqu'un de particulièrement méfiant et ma bouche a cette tendance à déverser son flot de paroles diverses un peu trop rapidement au goût de mon cerveau. Je suis la spécialiste pour raconter ma vie en long et en large à des gens que je viens de rencontrer, pour peu que j'ai cette sensation de "cerner le personnage", ce qui arrive très souvent (disons 90% du temps. Les 10% restants, c'est le contraire, c'est un peu langue de bois durant un sacré bout de temps jusqu'à ce qu'un jour, à la faveur d'une parole heureuse ou d'un détail qui parfois m'échappe, boum! c'est bon). En revanche, j'ai encore du mal à m'imposer verbalement dans un groupe de plus de 3 personnes, je ne maîtrise pas du tout les codes de sociabilité de base lorsque je me retrouve dans un lieu de rassemblement, bref, de ce coté là, l'adaptation c'est pas encore ça (mais j'y travaille)(tout comme à construire ma capacité à envoyer des piques pleines d'esprit, à développer des contre-arguments ou à montrer ma colère/maîtriser mes émotions un peu trop présentes)

Mais coté adaptation à un nouveau cadre, je suis opérationnelle. La semaine dernière, mes parents sont partis une semaine et j'avais la charge de m'occuper des animaux. J'ai vite pris un pli. Deux jours plus tard, j'avais ma routine: savoir à quelle heure se lever pour être efficace, gérer l'ordre des animaux pour maximiser mon temps, faire certains gestes machinalement, prendre certains chemins plutôt que d'autres, rentrer une première vague d'animaux après le travail puis prendre l'apéro, bouquiner au soleil, m'occuper du reste et faire à manger. J'étais épuisée, j'ai un peu pesté, mais au fond de moi, il faut l'avouer, j'étais satisfaite que l'agencement fonctionne et ça m'a fait tout bizarre lorsque mes parents sont rentrés.

Un quotidien, je me le créer très rapidement. C'est sans doute une des raisons pour laquelle le changement m'électrise et en même temps me fait peur. Cette chose nouvelle qui m'attend, je n'imagine pas ne pas l'apprivoiser. Au fond de moi, même si je ne me l'avoue pas toujours, je sais que je m'adapterais, que j'en tirerais forcément du positif. Mais plus les années passent, plus je deviens consciente que ça se fait parfois au détriment de mon corps et de mon esprit. Ces nouvelles habitudes, le plus souvent, elles font sens d'une manière ou d'une autre. Mais parfois je m'épuise sans m'en rendre compte, je tente de maîtriser les choses autour de moi, de construire un nouvel environnement de vie et finalement c'est à l'intérieur que ça se fissure. Alors je suis devenue vigilante, j'apprends tout doucement à assumer mes "non". Je passe à coté de belles choses sans doute; la frontière entre peur et raison est très mince.

Mais après tout, refuser une voie c'est en choisir une autre et on se construit de toutes les expériences, non ?

Posté par ElanorLaBelle à 05:39 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [0] - Permalien [#]
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