lundi 15 janvier 2018

Malaise - Etats d'âme en vrac

Donc la lune de miel avec la nouvelle année aura été de courte durée. Même pas quinze jours.

Les angoisses reprennent le dessus sans que je puisse y faire grand chose. J'en arrive doucement mais sûrement au stade où rationaliser ne sert à rien, où les angoisses m'assaillent le soir et le matin (et s'interposent entre les activités de la journées pour peu qu'elles ne soient pas trop prenantes). Je navigue entre peur et lassitude. Peur d'aller vers les gens. Lassitude de faire des boulots pas désagréables mais qui à chaque fois (ou presque) finissent par m'étouffer et me donner envie d'ailleurs. Peur du mal être. Lassitude de revenir toujours au même point. Peur de la déception. Lassitude de moi aussi, un peu.

Automne

Mon mois de janvier est bouclé, dans mon planning mental février est bien entamé et mars arrive à grands pas. Les choix doivent être faits. Il y a ces offres d'emplois pour le printemps/été/automne: mais suis-je prête à faire à nouveau une saison complète ? (je suis d'accord avec moi même sur la nécessité et l'envie de faire la saison estivale mi-juin/mi-septembre). Il y a cette envie d'ailleurs, toujours là, toujours présente: mais suis-je préparée à tenter le échange de services = logement, avec des inconnus ?  Est-ce-que je veux partir sur longue ou moyenne durée ? Dans un lieu isolé ou en milieu urbain ?  En itinérance ou pas ? Aller sur les traces de Marianna Starke, me créer mon propre parcours, ou me sédentariser quelques semaines/mois quelque part ? Trouver un emploi hors-France mais par quel biais ? En Europe centrale, du nord ou dans les îles britanniques ? Ou alors juste immigrer provisoirement ailleurs en France ? Dans tous les cas, un départ veut aussi dire un retour et l'expérience m'a appris que c'est aussi difficile l'un que l'autre. Parce que qu'est-ce-qui se passe après ? Le retour à la case départ ou presque.

Je veux bouger, mais j'ai plus que jamais du mal à faire des pas vers les autres. J'ai toujours été quelqu'un d'introverti qui prend sur soi lorsqu'elle se retrouve avec plusieurs personnes à la fois, même des amis. En même temps, j'aime papoter, j'aime échanger, j'aime parler avec de nouvelles personnes, j'ai besoin des autres. Mais j'ai l'impression de ne plus avoir la force de faire semblant d'être à l'aise, de ne plus avoir la capacité de prendre sur moi pour la bonne cause.

J'ai adoré visiter Prague en mars 2017, Dublin en décembre 2016, Lyon en décembre 2017 et à chaque fois je serais bien restée plus longtemps. Me poser une, deux, trois semaines (voir plus ?) dans un endroit que je peux apprivoiser. Mais je me sens incapable de me parachuter quelque part sans filet et de partir à la recherche d'un job. J'ai retenté Rennes, mais je crois que ça ne me convient pas/plus. Pourtant j'y ai un pied à terre, j'y ai des amis, et il y a de chouettes endroits où se poser et écrire. Je suis compliquée.

Parallèlement à ça, j'ai relancé la machine recherche (pour combien de temps, je ne saurais le dire). Devrais-je abandonner le "ailleurs" si problématique et me concentrer sur ces recherches relancées ? (Les femmes artistes / l'Histoire locale) Mais suis-je apte à en sortir finalement quelque chose ? Car sinon ce serait juste un non-choix et ce faisant ne serais-je pas juste froussarde ? Ne relancerais-je pas juste l'éternel cercle du "vis au moment présent et vois comment les choses évoluent" qui ne m'a pas fais beaucoup avancer ces dernières années ?

Je me pose sans doute trop de questions, ou peut-être les mauvaises. Je devrais peut-être me faire plus confiance et je devrais définitivement faire plus confiance aux autres.  Il faudrait sans doute que je relativise, que je prenne du recul plutôt que me mettre une pression: au final ce sont des broutilles. Mais en attendant d'arriver à les faire taire, ces questionnements qui bourdonnent (se multiplient de jours en jours!) et jouent au ping-pong dans ma tête m'épuise. 

Posté par ElanorLaBelle à 04:34 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [4] - Permalien [#]
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Commentaires sur Malaise - Etats d'âme en vrac

    Est-ce que se poser toutes ces questions ne permet pas juste de mettre de l'ordre dans les idées ? C'est fatigant, c'est clair, mais en général cela mène à un résultat. En tous cas, je l'espère pour toi.
    Peut-être pourrais-tu hiérarchiser tes envies pour voir ce qui te tente le plus, pour voir ce qui te met le plus à l'aise ?
    Juste le fait de les écrire ici est déjà une avancée...

    Posté par Sunalee, mardi 16 janvier 2018 à 09:17 AM | | Répondre
    • Ce sont des questions tellement récurrentes que je n'arrive toujours pas à y mettre de l'ordre. Des questions qui évoluent un peu au fil des années mais qui sont là depuis assez longtemps maintenant.
      Ce qui est certain en revanche c'est que les écrire et les publier, donc essayer de rendre ça un minimum intelligible, permet d'évacuer en partie et prendre un peu de recul (et je pense que tu vois ce que je veux dire par là)

      Posté par ElanorLaBelle, mardi 16 janvier 2018 à 11:49 AM | | Répondre
  • J'ai souvent hésité aussi, j'ai eu mon lot d'inquiétudes et d'angoisses et de détresse... Puis je me suis lancée (avec une boule au ventre incroyable).. Et je n'ai vraiment pas regretté.
    Ca fait du bien d'être "happée" par des expériences de la vie, pas trop le temps de réfléchir, trop de trucs à faire, et finalement quand on fait le compte on voit qu'on a avancé. Dans mon cas c'est ce dont j'avais besoin, cette impression d'avancer.
    A défaut de savoir ce que tu veux vraiment, peut-être pourrais-tu déjà commencer par savoir ce que tu ne veux pas, et du coup commencer doucement à ôter de ta vie ces choses que tu ne veux plus, ou sans les faire disparaitre (parce qu'on n 'y arrive pas forcément) les estomper ?
    Je te souhaite bon courage !

    Posté par Madame Dree, jeudi 25 janvier 2018 à 04:39 PM | | Répondre
    • Voilà tout à fait, le coté "happée", c'est ce qu'il me faut - je crois. Je l'ai vécu lorsque j'ai fait le choix des études à l'étranger il y a maintenant plusieurs années. Deux ans où on ne tergiverse pas trop "parce que y'a tellement de choses à faire dans l'immédiat". Puis je suis revenue et ça a été très compliqué. Depuis j'ai du mal à me relancer dans l'inconnu, le nouveau. La peur aussi sans doute du "retour au quotidien"...

      Posté par ElanorLaBelle, samedi 27 janvier 2018 à 06:06 PM | | Répondre
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