dimanche 26 août 2018

Le crépuscule et l'aube

Le mois d'Août est un mois où je suis extrêmement tendue et où je fini (quasi) inévitablement par craquer. Lorsque j'étais plus jeune, le mélange d'appréhension de la rentrée scolaire mêlée à l'excitation de commencer quelque chose de nouveau et à l'arrivée de l'automne, cette belle saison, me mettait dans un état de nerf pas croyable.

Si je ne suis plus étudiante (à mon grand regret), je reste toujours liée avec autant de force à ce changement de mois : mon anniversaire coïncide avec le début du calendrier scolaire et les emplois que j'occupe durant la période estivale se terminent plus ou moins à cette période. Vivre en bord de mer où le contraste été/automne est incroyablement fort en terme d'activités n'arrange sans doute rien au fait que le mois d'Août s'écrit chez moi à la fois comme un crépuscule et une aube. Avec tout ce que cela implique de tensions.

J'aurais pensé que cette année la sensation serait exacerbée du fait qu'en plus de tout ça, s'ajoute le symbolique passage de la vingtaine à la trentaine. En fait pas vraiment. Du moins pour l'instant. Il y a une semaine, j'aurais dit sans hésiter que j'abordais non seulement ce changement d'âge avec calme mais qu'en plus cette sérénité s'étendait également à mes éternelles questionnements que je prenais, à mon plus grand étonnement, avec beaucoup de recul. A la veille de mes trente ans, ma sérénité vacille un peu lorsque je vois les gens autour de moi s'affirmer dans la stabilité – amoureuse, familiale, professionnelle ou géographique. C'est le retour insidieux de l'omission ou du mensonge pour cacher le fait que j'ai (presque) trente ans, que je suis célibataire, que je vis chez mes parents et qu'un CDI n'est pas du tout mon graal. J'ai du mal à assumer ma non-conformité à un modèle social, je crains les qu'en-dira-t-on et je me réfugie plus que jamais dans cette cachette qu'on a trouvé pour moi, ie, « oh, mais tu ne fais pas du tout ton âge, j'aurais pensé que tu étais étudiante » (la bonne planque)

Cette année des vingt-neuf ans qui s'achève, à défaut d'avoir réussie à être audacieuse, m'aura-elle été profitable ? J'ai la sensation d'avoir tout de même un peu tiré les leçons de cet horrible hiver où j'ai pris toutes mes faiblesses en pleine face. D'avoir réussi à calmer quelques peurs tout en lâchant un peu plus de lest. Je prends mon temps, sans doute trop, mais j'essaye de me dire que c'est comme ça. Il me faut encore oser me confronter aux regards, mettre ma fierté de coté, ajouter quelques écailles à ma carapace pour donner à mon moi une petite armure et le laisser crapahuter plus librement.

Je vais essayer de profiter de ce moment de flottement, ni toujours été, ni encore automne, plus vraiment vingtenaire mais pas tout à fait trentenaire. Après tout, le crépuscule comme l'aube sont des moments merveilleux, un temps où les korrigans jouent leurs tours et où les fées affûtent leur magie. Laissons-les travailler un peu:)

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Nb : Ces derniers mois, parce que vadrouille, parce que travail, parce que je n'ai pas pris le temps, j'ai quelque peu délaissé mes amis et plus largement mes relations sociales. Loin des yeux mais pas loin du cœur, c'est à peu près l'état d'esprit dans lequel je me suis trouvée et j'espère que ceux qui me connaissent l'on aussi compris de la sorte. Je vais me rattraper cet automne, promis !

Posté par ElanorLaBelle à 05:20 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [0] - Permalien [#]
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