Confidences autour d'un thé... (ou d'un café)



dimanche 3 juin 2018

Ce moment où tu te dis que la vie est vraiment farceuse

Il y a de ces coïncidences qui sont tellement énormes qu'on a du mal à y croire

Mon troisième (vrai) jour à Toulouse, après avoir passé le premier à me familiariser avec le chat et le second à faire une randonnée dans le Tarn, j'ai décidé d'aller me balader un peu dans la ville avec juste deux objectifs : aller faire quelques courses et aller voir A l'Heure des Souvenirs à la séance de 14h dans le cinéma que j'avais repéré quelques jours plus tôt. Ce film tourne autour, comme son nom l'indique, des souvenirs, du passé, de la façon que l'on a de se l'écrire et de le décrire aux autres. Je sors de la séance, je marche jusqu'à la biocoop la plus proche, j'achète deux, trois, trucs et je repars. Et là au passage piéton...

Je croise le regard d'un homme qui me semble familier. J'ai la sensation qu'il me voit aussi. Mon cerveau fonctionne à trente mille à l'heure et fait le rapprochement suffisamment rapidement pour que je fasse comme si ne rien n'était et continue ma route sans pause. « Attends, mais c'était Le Coloc ? » « C'est impossible, pourquoi je tomberais sur lui dix ans plus tard à l'autre bout de la France ? » « Et en plus à ce moment-là précis au moment où je vois un film sur les souvenirs et sur l'écriture de notre passé ? » « Nan, ça doit être un homme qui lui ressemble beaucoup et j'ai fait le lien à cause du film » « N'empêche j'ai vraiment l'impression que c'est lui... » Cette histoire me poursuit le reste de la journée, je suis d'un coté persuadée que c'est lui, de l'autre je trouve le timing douteux et le lieu improbable. J'envoie un texto à ma sœur, qui me répond, hilare, de ne pas oublier l'affaire JaNo. C'est l'histoire d'une (ancienne) amie de fac qui part en vacances durant l'été dans le sud de l'Italie et qui tombe au détour d'une rue sur LA fille qui nous saoule dans notre TD. On était 25 en TD.

Et si c'était VRAIMENT lui ?

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Après une nuit de sommeil où, forcément, il est dans mon rêve (je suis d'un basique niveau imagination...), j'oublie peu à peu cette histoire même si je me promets de faire quelques recherches internet pour vérifier si par hasard il ne travaillerait pas dans le coin. En attendant, j'ai d'autres choses à faire (comme profiter de ce séjour) et j'oublie même d'envoyer un SMS à Mamzelle'M, qui pourtant serait la première à rire de la situation : c'était quand même son coloc aussi. Et le moins que l'on puisse dire c'est que cette année de colocation fut des plus houleuse.

Enfin bon, cette histoire m'intrigue quand même et je décide donc à mon retour de faire quelques recherches. Je galère un peu, je n'ai que son prénom et une vague notion de son sujet d'étude, mais au bout d'une bonne demie-heure, je fini par trouver un nom de famille qui m'évoque quelque chose. Puis une photo d'un homme face à un paysage (sa grande passion, demander aux personnes de le prendre en photo lorsqu'il est en vacances « pour bien voir qu'il était là »). C'est bien lui. Une photo plus tard et je lis qu'il habite désormais à … Toulouse.

C'est dans des moments comme ça où tu te dis que la vie est super bizarre quand même et que toujours elle te surprendra. Rassurant ou inquiétant ?

Posté par ElanorLaBelle à 11:51 AM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [6]
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samedi 2 juin 2018

N°11 ✓ Carcassonne

Je suis arrivée à Toulouse au petit matin, après une nuit de bus où j'ai réussi à grappiller quelques heures de sommeil. Je ne pouvais pas faire le check-in à l'hôtel avant 13h-14h et je n'avais rendez-vous qu'à 16h. J'avais donc du temps à tuer. C'est donc naturellement que je me suis dirigée vers la médiathèque dans l'idée de me poser avec un livre. Seulement, je suis allée voir le rayonnage "femmes et genre". Et là, je tombe sur un ouvrage en trois tomes, Le dictionnaire des femmes créatrices.Je passerais trois grosses heures à le feuilleter ce premier jour et y retournerais par deux fois durant mon séjour - j'ai désormais une liste de femmes peintres et sculptrices nées avant 1900 assez conséquente.

Premier contact avec ma colocataire féline et sa famille, première nuit dans un lit et le lendemain je prenais le train pour Carcassonne. Vous savez, cette ville qui me fait de l'oeil depuis que j'ai lu Labyrinth de Kate Mosse, puis Sepulchre (que je suis visiblement la seule à avoir apprécié) et le terrible Citadel (que j'ai mis un an et demi à terminer). Voilà, je l'ai enfin vu. Je pensais être déçue, et bien en fait, non.

Ça a commencé par des travaux juste devant la gare. Puis par une installation artistique de Varini. A ce stade, j'avais l'impression d'être maudite. C'est pas que je ne suis pas sensible à ces rayures/cercles jaunes mais... Et puis je suis arrivée dans la cité par une route peu empruntée. Et puis le soleil est tout à coup arrivé. Et puis je suis passée par un cimetière (je les aime de plus en plus). Et puis je suis entrée dans l'auberge de jeunesse et la dame de l'accueil était absolument géniale. On a papoté un peu, de politique, de mode de vie, d'être saisonnier, de solidarité. C'était agréable. A ce stade, j'étais contente. Et lorsque j'ai visité le château et ses remparts... N'en parlons pas, là, j'étais aux anges. J'ai acheté ma lecture du voyage Meurtre à la pomme d'or de Michèle Barrière à la boutique du château et là encore la vendeuse était sympathique. Ce sera en fait une quasi constante de ce séjour: la sympathie et le sourire des gens (ça et le fait de se faire siffler dans la rue, on va être honnête. Surtout à Carcassonne/Toulouse. J'avais oublié comme ça pouvait être chiant).

Je me suis baladée le long du canal du midi, promenade très moyenne. En revanche à mon retour la cité était quasi vide et la voir comme ça au soleil couchant c'était superbe. Le lendemain, j'ai voulu explorer les environs. Des vignes encore sans feuilles à perte de vue, le bruit de la route, là encore une promenade très moyenne. Mais là également, une compensation de taille pour la bretonne que je suis: apercevoir au loin les cimes enneigées des Pyrénées. Je crois que ça me fera toujours quelque chose au coeur que de voir des montagnes, même de loin

(A noter: comme c'était la grève, j'ai réussi à avoir un intercité à 19h qui a eu 1h30 de retard et qui m'a donc fait arriver à Toulouse à 21h30-22h. Je ne faisais pas la fière à marcher dans la ville jusqu'à l'auberge de jeunesse. Je me suis du même coup rendue compte que j'étais devenue encore plus méfiante envers les gens. Merci la vie.)

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Voyage en Occitanie - Préambule

J'en ai déjà parlé, le premier trimestre 2018 a été assez affreux au niveau de mon moral. J'ai plongé plus d'une fois dans des moments de malaise profond. La sensation de se sentir nulle, moche, inutile, de passer à coté de sa vie, de n'avoir aucun courage, de tout gâcher, de n'être bonne à rien,... Malheureusement, des émotions "classiques". Tout ça a atteint un point culminant lorsque je me suis rendue compte mi-février que 1) je n'avais toujours rien fait de concrêt et que tout me faisait peur, 2) que je me sentais mieux dans mon dix m2 chez mes parents à la campagne qu'en coloc en ville, 3) que j'étais désormais plus proche des trente ans que des vingt-neuf. J'ai cherché comment faire pour me booster. J'avais un printemps de libre, c'était bête de ne rien en faire - c'était un peu le but de l'opération quand même. J'ai pris des billets pour un concert en Ecosse en Mai, me disant que ça me forcerait à bouger (spoiler: je suis allée en Ecosse, mais je ne suis pas allée au concert)(Lucky me, Julie Fowlis passe au FIL cette année) et j'ai cherché qu'est-ce-que je pourrais faire de nouveau et qui ne me stresserait pas trop. 

C'est là que j'ai découvert le home-sitting. Pour ceux qui ne connaissent pas, le concept est simple: s'occuper de la maison et des animaux/plantes des propriétaires durant une période où ils ne sont pas chez eux. Pour le home-sitter, c'est l'opportunité d'être logé gratuitement durant un temps défini. Pour le propriétaire, c'est l'assurance d'avoir sa maison surveillée et ses animaux/plantes bichonnées. J'ai tout de suite été emballée par l'idée et je me suis inscrite sur Nomador  début Mars. J'ai postulé à plusieurs annonces, eu plusieurs réponses négatives, me suis découragée, avant de finalement prendre contact avec une famille dans la région Toulousaine. Je suis donc partie mi-Avril pour une dizaine de jours en occitanie.

Je ne connaissais pas du tout le secteur et j'en ai donc profité pour visiter les alentours. Je suis ENFIN allée à Carcassonne, j'ai crapahuté dans les hauteurs de Hautpoul-Mazamet dans le Tarn et à Najac dans l'Aveyron, je me suis baladée dans Toulouse et j'ai visité Albi. J'ai eu de la chance, le temps était avec moi. Quant à l'expérience de home-sitting, elle fut très concluante à tel point que j'envisage plus que sérieusement de renouveller l'expérience lorsque je serais à nouveau disponible - pour une durée plus longue ?

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Posté par ElanorLaBelle à 09:47 AM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [0]
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mardi 8 mai 2018

Dans mon jardin / Avril 2018

Comme j'étais partie dans le sud pendant près de quinze jours, j'avais pris soin de photographier une partie du jardin en début de mois. Les premières fleurs/feuilles pointaient le bout de leur nez et je me doutais qu'en revenant à la fin avril tout aurait bien poussé. Effectivement, j'ai vu la différence lorsque je suis rentrée et que tout avait nettement verdi. C'est que, outre le fait que ce soit la période où tout pousse vite, il y a eu cette semaine de chaleur estivale entre temps.

On voit que le printemps est là, le rez-de-chaussé est devenu assez sombre: le tilleul qui n'avait encore que des bourgeons et de minuscules feuilles est désormais touffu et bien vert. Depuis cinq ans, tout à bien grandi et désormais, lorsque l'on regarde par les fenêtres du premier étage, on a cette sensation de vivre au milieu d'une forêt. La maison paraît cachée (et toute petite) au milieu de toutes ces essences qui nous entourent. Ce n'est pas très rassurant en plein hiver lorsque la tempête souffle fort mais pour moi qui voue une passion pour les arbres, cela a un coté fascinant et apaisant. Un cocon vert en quelque sorte.

Si les fruitiers semblent moins fleuris que l'année dernière, les talus, les champs et les sous-bois sont en revanche couvert d'un tapis de couleurs. Primevères, jacinthes des bois, pissenlits, compagnons rouge, boutons d'or,... Visiblement, l'hiver humide a fait beaucoup de bien au sol - ça valait le coup de supporter la boue!

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Posté par ElanorLaBelle à 05:27 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [0]
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dimanche 6 mai 2018

Les plages du Trégor en hiver

Je tenais vraiment à poster ce petit-billet même s'il n'est pas très consistant. D'une, parce-que faire un billet séparé pour chaque petite balade n'est pas forcément intéressant - ni pour vous, ni pour moi. De deux, parce que je tenais à mettre en avant le bord de mer en hiver, lorsque les plages sont presque désertes, que les lieux touristiques sont encore vides. Je vis désormais les 3/4 du temps à la campagne et, hiver comme été, l'option "mer" - faire quelques pas ou plusieurs kilomètres / entre amis ou en famille - est très, très, souvent choisie. C'est d'autant plus vrai l'hiver que les sentiers boisés sont plutôt impraticables surtout lorsque la pluviométrie est normale ou importante.

Ci-dessous, on trouvera: Des pauses déjeuner/après-midi avec A., l'occasion de papoter en marchant (ou en faisant un "road-trip" et en s'arrêtant de temps à autre), une très jolie et courte balade "La pointe de Primel" dans le trégor finistérien à Plougasnou avec ma soeur et le GR 34 entre le port de Locquémeau et Beg ar Forn (22).

Le GR34 à Trédrez - Janvier 2018

Le GR34 à Trédrez - Janvier 2018 Plougrescant (22), Le Gouffre - Janvier 2018

Plougrescant (22) - Janvier 2018

Plougrescant (22) - Janvier 2018 La lieue de grève (22) - Janvier 2018

Plougrescant (22) - Janvier 2018

Trélévern (22) - Février 2018

Trebeurden (22) - Mars 2018

La lieue de grève (22) - Février 2018 La pointe de Primel, Plougasnou (29) - Mars 2018

La pointe de Primel, Plougasnou (29) - Mars 2018

La pointe de Primel, Plougasnou (29) - Mars 2018 La pointe de Primel, Plougasnou (29) - Mars 2018 La pointe de Primel, Plougasnou (29) - Mars 2018 La pointe de Primel, Plougasnou (29) - Mars 2018

La pointe de Primel, Plougasnou (29) - Mars 2018

La pointe de Primel, Plougasnou (29) - Mars 2018 La lieue de grève (22) - Février 2018

La pointe de Primel, Plougasnou (29) - Mars 2018

La pointe de Primel, Plougasnou (29) - Mars 2018


samedi 5 mai 2018

Au trimestre hivernal / 2018*

Dans mon jardin - Mars 2018

Cher Hiver,

Tu as été compliqué. Je sais que tu sais que tu n'es pas ma saison préférée, mais quand même, cette année, tu as fait fort. Grisaille, fraîcheur, humidité, boue, tu nous a sorti le grand jeu. Et bien voilà, c'est fait, j'ai vraiment pris conscience de l'impact du manque de lumière sur un organisme. Depuis début janvier je patauge entre un moral désastreux et une forme physique inexistante. J'avais l'espérance que ça s'améliore mais à chaque fin de mois, alors que venait le temps du bilan, je m'apercevais que le mois qui s'était écoulé était aussi pénible que le précédent. Moi qui espérait le meilleur pour mes vingt-neuf ans, je me suis retrouvée à prendre en pleine face toutes mes contradictions, toutes mes faiblesses, à prendre conscience du fossé qu'il existe entre mes espérances et la réalité, entre mes envies et mes capacités, entre ce que j'aimerais être et ce que je suis, entre celle que je voulais être et celle que je suis devenue.

Tu m'as (encore) offert des kilos en plus (je crois que j’en avais assez, merci) dont une partie s’est logée dans mes seins (sérieux ? J’aimerai savoir, ça va s’arrêter quand ? - Nan mais vraiment, je suis intéressée de le savoir), plusieurs rhumes (mais je te remercie de m'avoir épargné la grippe qui a sévi autour de moi), des douleurs articulaires et une peau qui n'en fait qu'à sa tête. Tu pourrais dire à ton pote Printemps d'être plus sympa dans ce domaine ?

Sur la toute fin, comme un sursaut de culpabilité pour m’en avoir fait baver durant les dernières semaines, tu m’annonces de chouettes perspectives pour les prochains mois et en confirmes d'autres. Aurais-tu été si douloureux pour que je savoure d'autant plus le Printemps ? Ce faisant, tu me renforces et me permets d’être (un peu) plus imperméable aux on-dit, aux attaques, à l’envie. Tu me redonnes un poil de positivité et ce n'est pas du luxe, crois moi.

Et puis, est-ce-que je ne serais pas juste quelqu'un de plus lent que les autres ? Une phrase de Carole L. au milieu d'une discussion m'a fait ouvrir cette porte, l'évocation des late-bloomers par Jasmin du blog Sacré Jasmin a fait germer l'idée. Le fait qu'on me dise que je fasse plus jeune que mon âge constamment n'aide sans doute pas à vieillir plus vite. D'ailleurs, je crois que j'ai enfin accepté le fait qu'on pense que je suis encore étudiante et que j'ai "à peine vingt-quatre ans". Dans un sens ça m'arrange, je suis toujours un peu bloquée là :)

Paris - Février 2018

Hiver, je ne vais pas trop être vache non plus, tu m’as aussi donné de la neige par deux fois alors que je n’y croyais plus, des idées inspirantes (dessin et linguistique) des drôles (hum, je devrais m'organiser un tour de France des sagas de l'été, même si bon, les 3/4 se déroulent dans le sud), des visites parisiennes qui furent l'occasion de passer de très bons moment entre amis - et de vivre mon premier vide-dressing, des passages par des salons de thés, des balades en bord de mer, des séances ciné mémorables et la sensation fugace mais réelle, d'être légitime en quelque chose.

Il y a aussi eu des rêves très intenses, à base d'aventure, de sauvetage, de magie, avec beaucoup de cache-cache avec la mort et le retour de personnes pas vues depuis longtemps ainsi que d'autres jamais vues en vrai (gros fou rire du matin à l'évocation de ce concours photo auquel je participais avec un des pires ennemis de l'adolescence de ma soeur, des pages de journaux dédiées à l'évenement où se trouvait des photos-dossier de ma soeur choisies par mes parents), des tornades (toujours) et de belles architectures qui n'existent malheureusement que dans mes rêves (la récurrence de cette église blanche, étincelante et élancée près de la mer ou de ces villes remplies de maisons en bois coloré et ciselé)

Hiver, on se dit à l'année prochaine!

Plougrescant (22) - Janvier 2018

Petit bilan chiffré non-exhaustif de la saison:

Livres terminés : 5
Films vus au cinéma :  17
Films vus ailleurs : 6
Séries TV: 8 (mini-séries: Guerre et Paix (2016), Little Women (2017), The Last Post (2017), séries TV: Sense 8 (saisons 1 et 2), Unforgotten (s.2), Poldark (s.3), Grantchester (s.3) Jamestown (fin de la s.1 et s.2))
Nombre de saga de l'été vues/revues: 6 (!)
Kilomètres parcourus en balades : une trentaine
Conférences et débats: 3 (sur les papillons, pour une avant-première ciné et à propos du film "L'intelligence des arbres")
Musées où je n'avais jusqu'alors jamais mis les pieds: 3 (A Paris: L'orangerie, le Quai Branly et le musée YSL)
Nouvelles robes: 3 (dont une récupérée au vide-dressing, mais qui ne me va déjà plus. Je ne désespère pas de re-rentrer dedans d'ici le milieu de l'été)(salades, rando,...)
Nombre de pause salons de thé : 10 ? 15 ? j'ai perdu le fil.

Avant-dernier de la série des "billets vraiment en retard que je vais publier quand même" 

dimanche 29 avril 2018

Les charmants / Mars 2018

Avec un mois de retard, voilà une petite liste des moments du mois de Mars.

Mars

(sans ordre de préférence)

mars

De la neige, de la neige, de la neige! Prendre beaucoup de photos (trop) et m'habiller comme si j'allais faire un trek en Sibérie. Du vent frais, l'air qui l'est tout autant, mais un plaisir de marcher en bord de mer sous un beau soleil. Quitter la campagne plusieurs fois et me perdre dans des rues bretonnes que je pensais connaître mais qui se révèlent être plus originales que prévu. Et donc lire une enquête de Miss Silver, chose que je voulais faire depuis longtemps. Un peu long et pas vraiment mystérieux, mais pas désagréable à lire - et lecture parfaite à trimballer dans le sac et à lire lorsqu'on a deux minutes. A la recherche d'un film à voir sur à la demande, tomber sur Not Another Happy Ending et décider de le revoir. Peut-être qu'avec les sous-titres (il y a quatre ans je n'en avais pas) et avec le temps qui s'est écoulé, je trouverais ça mieux ? Et bien non, mais je trouve toujours les couleurs et les looks de ce film superbes - c'est d'ailleurs la deuxième raison pour laquelle j'ai regardé ce film au départ, la première étant que ça se déroule en Écosse. Ouais, je fais pas du tout, du tout, de fixettes. M'enchaîner quelques sagas de l'été et autres téléfilms du même acabit. Que ça me manque ces histoires de familles et ces faux-mystères. Regarder (enfin) Dans un grand vent de fleurs, cette saga que j'ai mis de coté depuis des années. C'est assez long pour ce que c'est, mais l'actrice principale m'est sympathique pour une fois. Une courte balade inédite en bord de mer avec ma binome de rando préférée - ma soeur. Faire le tri dans mes stocks d'objets récupérés et décider de décorer les boites d'emballage récupérées au boulot l'année dernière. Être satisfaite de mon premier essai, moins des deux suivants, mais ces boites sont parfaites pour ranger les cartes postales que je collecte un peu partout et les gribouillis que je récupère sur les listes esquissées sur du papier brouillon.

Mais aussi, passer un entretien d'embauche pour la saison estivale et, pour la première fois dans ce type de situation, me sentir compétente, légitime et adulte, découvrir une nouvelle façon de voyager qui semble me correspondre, boire du lait ribot ♥, sentir les chats se blottir contre moi.

✿✿✿

Et pour la touche réalité, parce qu'il y a aussi des moments où ça va moins bien*: Après avoir eu un gros rhume durant trois jours, subir une semaine de l'horreur où je suis la seule de la maisonnée à ne pas avoir la grippe. S'occuper de la maison et des malades ok, mais avec les animaux à gérer en plus c'était épuisant. Entre mon rhume et la grippe, trouver le temps de bien stresser pour le fameux entretien d'embauche et passer deux jours à le préparer - on le rappelle, c'est un job saisonnier. La quinzaine affreuse quoi. Avoir cette sensation d'être une très mauvaise amie lorsque même dans ce cadre je procrastine, m'attrister sur le temps qui passe. Recevoir des réponses négatives à la pelle. Désespérer de voir le printemps un jour.

(* soyons honnêtes, le mois de mars c'était plus des moments où ça va moins bien que des moments charmants)

samedi 31 mars 2018

Dans mon jardin / Mars 2018

Les trois quarts de mes photos du mois de mars ont été prises le 1er, jour de la neige (acte 1, on a eu un acte 2 en milieu de mois). J'avais tellement envie d'immortaliser ce moment assez rare (je ne reverrais sans doute pas de sitôt les exceptionnels 40cm du centre Bretagne en 2010, être bloquée cinq jours, aller faire ses courses à six km à pied sous des averses de neige, être transportée en tracteur à la gare, souvenirs... ♥) que je suis sortie trois fois pour prendre des photos à différents stades, au fur et à mesure que la neige tombait. Le reste du mois, j'ai plutôt évité la boue...

Est-ce-que le printemps est finalement arrivé depuis ? Il est sur la route, la boue est toujours présente, mais le vert se fait petit à petit une place. Les bourgeons pointent timidement le bout de leur nez, certains arbres arborent de jolies fleurs, d'autres leurs premières feuilles. C'est visiblement une année à primevères contrairement à l'année dernière où on en avait peu vues. Là, les bas-cotés sont remplis!

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Mars 18 (4)

Avant Après

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Mars 18 (15)

Mars 18 (18) Mars 18 (8)

Mars 18 (14)

Mars 18 (13) Mars 18 (23)

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Mars 18 (12)  Mars 18 (27)

Mars 18 (26) Mars 18 (29)

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Mars 18 (30)  Mars 18 (1)

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Posté par ElanorLaBelle à 11:55 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [0]
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mercredi 28 mars 2018

Emma G. Wildford

Emma G wildford

Emma G. Wildford (2017)
de Zidrou et Edith
Collection Noctambule, Editions Soleil

❝ Le feu des femmes fait peur aux hommes
[...] à chaque fois qu'ils tuent le feu d'une femme...
... le feu d'une autre femme, ailleurs, s'allume.❞

Cet ouvrage est d'abord un bel objet: une jolie couverture à la fermeture aimantée (dont le graphisme ressemble à l'intérieur des pages. C'est malheureusement tellement rare de nos jours qu'il me faut le signaler), une reliure intérieure très 1920s - donc fort à propos, et des petits éléments glissés au fil des pages. D'ailleurs, il est un peu dommage que les-dits éléments, notamment la lettre, n'aient pas été davantage utilisés comme tels: plutôt que de retranscrire les 3/4 de la lettre dans les cases, n'aurait-il pas été plus intéressant de renverser le rapport et de n'en retranscrire qu'1/4, laissant le lecteur libre de lire la lettre en même temps que la protagoniste ? Reste que c'est fort agréable de trouver ces petits ajouts, même s'ils apportent peu au récit.

❝ La religion pour moi n'est qu'une cuillère à sucre que j'ajoute à mon thé quand il est trop fort.❞

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Graphiquement, ce n'est pas forcément le type de traits que je préfère (je suis très difficile) mais l'on retrouve une atmosphère qui colle à l'histoire. On se transpose sans difficultés dans l'époque du récit (les années 1920) et les cases s'alignent de manière heureuses avec les trois grands pôles du récit : le quotidien d'une femme, la découverte de l'ailleurs et la poésie. Emma G. Wildford c'est le portrait d'une femme qui ne veut pas rester à la place qu'on veut lui donner, qui veut vivre sa vie comme elle l'entend. En ce sens, c'est un récit féministe, un récit universel, un récit inspirant. Pour avoir pas mal lu sur les femmes exploratrices, qui plus est les femmes s'approchant des pôles, l'aventure d'Emma avait un petit coté familier (cf: Léonie d'Aunet).

❝ - Avez-vous idée des périls que vous aurez à affronter ?
- Je suis une femme, Lord Grosvenor. J'ai été élevée dans l'idée que tout n'était que danger et perversion autour de moi!❞

Outre le fait que ce soit le métier de son personnage principal, ce récit est aussi (avant tout ?) emprunt de poésie. Sur l'ailleurs, sur la nature humaine, sur la nature tout court - plusieurs passages ont d'ailleurs trouvés leur chemin jusqu'à mon carnet de citations :) Pour autant, on reste un peu sur notre faim au terme de cette centaine de pages de récit qui s'engloutissent trop vite.

❝ La terre est forte: elle porte les cailloux.
L'homme est faible: il porte ses regrets.❞ 

Avis général: Un bel objet, une parenthèse poétique et féministe, 16/20

Cette BD a été lue dans le cadre de l'opération la BD fait son festival 2018 organisée par Priceminister-Rakuten

Posté par ElanorLaBelle à 12:03 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [0]
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mardi 20 mars 2018

Ma dernière déception cinématographique

Cela fait un petit moment qu'on n'a pas parlé cinéma ici. Je fonctionne beaucoup aux coups de coeur et aux "moments" en matière d'art. Une oeuvre s'inscrit pour moi dans l'instantanéité: l'état d'esprit du moment influe énormément sur la perception. De fait, j'ai un peu de mal à discerner le pourquoi j'ai aimé ou pas au milieu de ces sentiments. Excepté lorsque c'est une admiration (ou son inverse) en partie formelle (une belle/détestable écriture, une technique plastique admirable/minable, une photographie originale/désastreuse, une thématique subtilement traitée/sans profondeur...) je n'arrive pas vraiment à partager mon enthousiasme (ou son inverse). Là où je suis le plus prolixe c'est lorsque quelque chose m'a déçue. Bref, en attendant de peut-être vous parler des films des derniers mois (c'est un brouillon, mais vu le nombre de brouillons non publiés depuis deux ans, mettons de gros guillemets à cette hypothèse) on va parler de mon tout dernier film vu. Un beau gâchis si vous voulez mon avis en deux mots.

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A Serious Game

(vo: Den Allvarsamma Leken)

de Pernilla August, 2016

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D'après le roman de Hjalmar Söderberg, ce film nous plonge dans la Suède du tout début du vingtième siècle. C'est l'histoire de Arvid Stjärnblom, un jeune journaliste, et Lydia Stille, la fille d’un artiste peintre, qui tombent amoureux l'un de l'autre, mais qui, du fait de leurs situations respectives, décident de se marier à d'autres personnes. Des années plus tard, alors qu'ils ont chacun fondé un foyer, ils se recroisent...

A Serious Game est ce que j'appelle un ratage. Comment nommer autrement un film qui gâche les belles choses qu'il possède ? Je suis typiquement la cible de ce type d'histoires à la bande-son délicate et aux belles images. On m'a vendu sans problème Dix hivers à Venise et W.E. alors que ce sont deux films pas exempts de défauts: avec des longueurs, certains personnages antipathiques, au scénario pas forcément novateur. Mais une belle photographie accompagnée d'un tout aussi beau thème musical me fait oublier la plupart des défauts d'un film. En général. Pas là. 

La photographie est belle, entre paysages pâles et lumineux, intérieurs parfois feutrés parfois épurés. Rien à redire. C'est le thème musical qui m'a fait tiquer en premier: comment ça se fait qu'une musique pour laquelle je me suis dit "oh, faut que je l'ajoute à ma playlist" se transforme en quelques minutes en "mais faites moi taire l'instrumental, par pitié!". En fait, ce n'est pas que la bande-son soit désagréable, au contraire, ma première impression est celle qui me reste finalement après l'avoir écoutée hors-film: je la trouve très belle. C'est quelle est vraiment mal utilisée et très courte (21 minutes pour presque 2h de film). Le rappel incessant au thème phare semble là pour pallier aux lacunes d'une mauvaise réalisation / mauvais scénario / mauvais casting - et de fait souligne tout particulièrement le vide de cette histoire où l'on prend vite de la distance.

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Ce moment où le thème musical central te tape sur les nerfs

L'alchimie entre les personnages principaux est inexistante. C'est drôle ces films centrés sur la passion où l'on ne ressent justement aucune passion entre les personnages : ah! Cate Blanchett et Rooney Mara dans Carol ou la romance incompréhensible entre le fade Richard Madden et Rebecca Hall dans Une promesse... A Serious Game joue clairement dans cette cour. En peut-être pire: non seulement l'alchimie ne fonctionne pas, mais en plus le scénario et la réalisation ne proposent rien d'autre que le très bateau procédé qui consiste à suggérer le coup de foudre puis souligner la passion par des hypothétiques jeux de regards et des frôlements. Autant dire que c'est perdu d'avance. Parce que si j'adhère à ce type de réalisation pour que ça fonctionne il faut que le reste aille. Certes, les personnages de Arvid et Lydia sont particulièrement antipathiques: le premier est un peu con-con, la seconde très égoïste. Mais leur comportement (càd, détruire leur entourage) aurait pu être un peu compréhensible si l'on avait senti qu'ils étaient dépassés par leur passion. C'est censé être le cas, mais ça ne se sent absolument pas. 

Encore plus perdu lorsque très vite on s'apperçoit que les personnages secondaires imposent davantage leur présence à l'écran: Dagmar, la femme de Arvid jouée par la lumineuse Liv Mjönes, le directeur du journal où travaille Arvid, joué par celui-qui-habituellement-m'énerve Michael Niqvist et même Lidner joué par Mikkel Boe Følsgaard. Comment expliquer que les seconds rôles se détachent alors que les rôles principaux sont fades ?

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Sans doute l'échange le plus intense entre Sverrir Gudnason(Arvid) 
et Karin Franz Körlof (Lydia) et c'était hors caméra...

En fait, ça me fait mal parce que sur le papier ça pouvait être un de ces films dont on garde un bon souvenir. Il aurait pu parler de la passion dévorante, dangereuse. Il aurait pu nous montrer une histoire d'amour, celle de deux personnes qui se sont loupés à un moment de leur vie. Il aurait du tout simplement nous raconter une histoire.