Confidences autour d'un thé... (ou d'un café)



samedi 31 mars 2018

Dans mon jardin / Mars 2018

Les trois quarts de mes photos du mois de mars ont été prises le 1er, jour de la neige (acte 1, on a eu un acte 2 en milieu de mois). J'avais tellement envie d'immortaliser ce moment assez rare (je ne reverrais sans doute pas de sitôt les exceptionnels 40cm du centre Bretagne en 2010, être bloquée cinq jours, aller faire ses courses à six km à pied sous des averses de neige, être transportée en tracteur à la gare, souvenirs... ♥) que je suis sortie trois fois pour prendre des photos à différents stades, au fur et à mesure que la neige tombait. Le reste du mois, j'ai plutôt évité la boue...

Est-ce-que le printemps est finalement arrivé depuis ? Il est sur la route, la boue est toujours présente, mais le vert se fait petit à petit une place. Les bourgeons pointent timidement le bout de leur nez, certains arbres arborent de jolies fleurs, d'autres leurs premières feuilles. C'est visiblement une année à primevères contrairement à l'année dernière où on en avait peu vues. Là, les bas-cotés sont remplis!

Mars 18 (16) Mars 18 (19)

Mars 18 (4)

Avant Après

Mars 18 (22)

Mars 18 (15)

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Mars 18 (13) Mars 18 (23)

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Posté par ElanorLaBelle à 11:55 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [0]
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mercredi 28 mars 2018

Emma G. Wildford

Emma G wildford

Emma G. Wildford (2017)
de Zidrou et Edith
Collection Noctambule, Editions Soleil

❝ Le feu des femmes fait peur aux hommes
[...] à chaque fois qu'ils tuent le feu d'une femme...
... le feu d'une autre femme, ailleurs, s'allume.

Cet ouvrage est d'abord un bel objet: une jolie couverture à la fermeture aimantée (dont le graphisme ressemble à l'intérieur des pages. C'est malheureusement tellement rare de nos jours qu'il me faut le signaler), une reliure intérieure très 1920s - donc fort à propos, et des petits éléments glissés au fil des pages. D'ailleurs, il est un peu dommage que les-dits éléments, notamment la lettre, n'aient pas été davantage utilisés comme tels: plutôt que de retranscrire les 3/4 de la lettre dans les cases, n'aurait-il pas été plus intéressant de renverser le rapport et de n'en retranscrire qu'1/4, laissant le lecteur libre de lire la lettre en même temps que la protagoniste ? Reste que c'est fort agréable de trouver ces petits ajouts, même s'ils apportent peu au récit.

❝ La religion pour moi n'est qu'une cuillère à sucre que j'ajoute à mon thé quand il est trop fort.

Emma G Wildford (2)

Graphiquement, ce n'est pas forcément le type de traits que je préfère (je suis très difficile) mais l'on retrouve une atmosphère qui colle à l'histoire. On se transpose sans difficultés dans l'époque du récit (les années 1920) et les cases s'alignent de manière heureuses avec les trois grands pôles du récit : le quotidien d'une femme, la découverte de l'ailleurs et la poésie. Emma G. Wildford c'est le portrait d'une femme qui ne veut pas rester à la place qu'on veut lui donner, qui veut vivre sa vie comme elle l'entend. En ce sens, c'est un récit féministe, un récit universel, un récit inspirant. Pour avoir pas mal lu sur les femmes exploratrices, qui plus est les femmes s'approchant des pôles, l'aventure d'Emma avait un petit coté familier (cf: Léonie d'Aunet).

 - Avez-vous idée des périls que vous aurez à affronter ?
- Je suis une femme, Lord Grosvenor. J'ai été élevée dans l'idée que tout n'était que danger et perversion autour de moi!

Outre le fait que ce soit le métier de son personnage principal, ce récit est aussi (avant tout ?) emprunt de poésie. Sur l'ailleurs, sur la nature humaine, sur la nature tout court - plusieurs passages ont d'ailleurs trouvés leur chemin jusqu'à mon carnet de citations :) Pour autant, on reste un peu sur notre faim au terme de cette centaine de pages de récit qui s'engloutissent trop vite.

❝ La terre est forte: elle porte les cailloux.

L'homme est faible: il porte ses regrets.❞

Avis général: Un bel objet, une parenthèse poétique et féministe, 16/20

Cette BD a été lue dans le cadre de l'opération la BD fait son festival 2018 organisée par Priceminister-Rakuten

Posté par ElanorLaBelle à 12:03 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [0]
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mardi 20 mars 2018

Ma dernière déception cinématographique

Cela fait un petit moment qu'on n'a pas parlé cinéma ici. Je fonctionne beaucoup aux coups de coeur et aux "moments" en matière d'art. Une oeuvre s'inscrit pour moi dans l'instantanéité: l'état d'esprit du moment influe énormément sur la perception. De fait, j'ai un peu de mal à discerner le pourquoi j'ai aimé ou pas au milieu de ces sentiments. Excepté lorsque c'est une admiration (ou son inverse) en partie formelle (une belle/détestable écriture, une technique plastique admirable/minable, une photographie originale/désastreuse, une thématique subtilement traitée/sans profondeur...) je n'arrive pas vraiment à partager mon enthousiasme (ou son inverse). Là où je suis le plus prolixe c'est lorsque quelque chose m'a déçue. Bref, en attendant de peut-être vous parler des films des derniers mois (c'est un brouillon, mais vu le nombre de brouillons non publiés depuis deux ans, mettons de gros guillemets à cette hypothèse) on va parler de mon tout dernier film vu. Un beau gâchis si vous voulez mon avis en deux mots.

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A Serious Game

(vo: Den Allvarsamma Leken)

de Pernilla August, 2016

❤❤❤

D'après le roman de Hjalmar Söderberg, ce film nous plonge dans la Suède du tout début du vingtième siècle. C'est l'histoire de Arvid Stjärnblom, un jeune journaliste, et Lydia Stille, la fille d’un artiste peintre, qui tombent amoureux l'un de l'autre, mais qui, du fait de leurs situations respectives, décident de se marier à d'autres personnes. Des années plus tard, alors qu'ils ont chacun fondé un foyer, ils se recroisent...

A Serious Game est ce que j'appelle un ratage. Comment nommer autrement un film qui gâche les belles choses qu'il possède ? Je suis typiquement la cible de ce type d'histoires à la bande-son délicate et aux belles images. On m'a vendu sans problème Dix hivers à Venise et W.E. alors que ce sont deux films pas exempts de défauts: avec des longueurs, certains personnages antipathiques, au scénario pas forcément novateur. Mais une belle photographie accompagnée d'un tout aussi beau thème musical me fait oublier la plupart des défauts d'un film. En général. Pas là. 

La photographie est belle, entre paysages pâles et lumineux, intérieurs parfois feutrés parfois épurés. Rien à redire. C'est le thème musical qui m'a fait tiquer en premier: comment ça se fait qu'une musique pour laquelle je me suis dit "oh, faut que je l'ajoute à ma playlist" se transforme en quelques minutes en "mais faites moi taire l'instrumental, par pitié!". En fait, ce n'est pas que la bande-son soit désagréable, au contraire, ma première impression est celle qui me reste finalement après l'avoir écoutée hors-film: je la trouve très belle. C'est quelle est vraiment mal utilisée et très courte (21 minutes pour presque 2h de film). Le rappel incessant au thème phare semble là pour pallier aux lacunes d'une mauvaise réalisation / mauvais scénario / mauvais casting - et de fait souligne tout particulièrement le vide de cette histoire où l'on prend vite de la distance.

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Ce moment où le thème musical central te tape sur les nerfs

L'alchimie entre les personnages principaux est inexistante. C'est drôle ces films centrés sur la passion où l'on ne ressent justement aucune passion entre les personnages : ah! Cate Blanchett et Rooney Mara dans Carol ou la romance incompréhensible entre le fade Richard Madden et Rebecca Hall dans Une promesse... A Serious Game joue clairement dans cette cour. En peut-être pire: non seulement l'alchimie ne fonctionne pas, mais en plus le scénario et la réalisation ne proposent rien d'autre que le très bateau procédé qui consiste à suggérer le coup de foudre puis souligner la passion par des hypothétiques jeux de regards et des frôlements. Autant dire que c'est perdu d'avance. Parce que si j'adhère à ce type de réalisation pour que ça fonctionne il faut que le reste aille. Certes, les personnages de Arvid et Lydia sont particulièrement antipathiques: le premier est un peu con-con, la seconde très égoïste. Mais leur comportement (càd, détruire leur entourage) aurait pu être un peu compréhensible si l'on avait senti qu'ils étaient dépassés par leur passion. C'est censé être le cas, mais ça ne se sent absolument pas. 

Encore plus perdu lorsque très vite on s'apperçoit que les personnages secondaires imposent davantage leur présence à l'écran: Dagmar, la femme de Arvid jouée par la lumineuse Liv Mjönes, le directeur du journal où travaille Arvid, joué par celui-qui-habituellement-m'énerve Michael Niqvist et même Lidner joué par Mikkel Boe Følsgaard. Comment expliquer que les seconds rôles se détachent alors que les rôles principaux sont fades ?

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Sans doute l'échange le plus intense entre Sverrir Gudnason(Arvid) 
et Karin Franz Körlof (Lydia) et c'était hors caméra...

En fait, ça me fait mal parce que sur le papier ça pouvait être un de ces films dont on garde un bon souvenir.  Il aurait pu parler de la passion dévorante, dangereuse. Il aurait pu nous montrer une histoire d'amour, celle de deux personnes qui se sont loupés à un moment de leur vie. Il aurait du tout simplement nous raconter une histoire. 

dimanche 11 mars 2018

Les charmants / Février 2018

Février

(sans ordre de préférence)

Février

Ci-dessus: Un ciné-concert à l'opéra de Rennes avec mon frère et ma soeur pour l'anniversaire de celle-ci (après avoir bu des cocktails savoureux). Ranger et trier ma chambre campagnarde, et ajouter deux, trois trucs à mon bazar dont cette lampe à l'abat-jour rouge qui en plus de me permettre d'y voir plus clair de ce coté du bureau à l'avantage de se fondre parfaitement dans l'ambiance existante. Passer au Petit Palais et à nouveau trouver ce lieu superbe. Voir les premiers arbres en fleurs. A la faveur d'un temps plus clément, me balader en bord de mer plusieurs jours d'affilés et faire de drôle de rencontre (ces anatifes par exemple). Faire et manger une charlotte à la mousse au chocolat pour l'anniversaire de ma soeur (et des profiteroles le week-end pour l'anniversaire en famille), Aller voir l'exposition J'y crois, j'y crois pas, au musée de Bretagne à Rennes avec une copine puis Nuit à l'espace des Sciences - troisième fois que je vois cette expo, dans trois lieux différents (Paris, La Roche Jagu (22) et Rennes) - et prolonger la journée culture par une conférence sur les Papillons diurnes en soirée. Terminer un chouette bouquin (Le Golem et le Djinn de Helene Wecker) hésiter longuement avant d'en commencer un autre, et finalement opter pour la solution d'en lire un très court dans le train (moins de 100p, Chère Brigande de Michèle Lesbre) en guise de transition avant de commencer Le trésor des Benevent de Patricia Wentworth - depuis le temps que je voulais tenter une enquête de Miss Silver! Manger la dernière raclette au potimarron, cette révélation de l'automne-hiver 2017-2018 (comment ai-je fais pour ne pas avoir l'idée de remplacer une partie des pommes de terre par du potimarron avant ?)

Mais aussi, utiliser à tout va des ♥ dans mes mails parce que je peux à nouveau le faire sans que cela prenne trois plombes (merci Shermane de m'avoir parlé de Clavier+), participer avec plaisir à mon premier vide-dressing (merci Kleo) et profiter d'un week-end parisien (merci Malena pour le logement ♥), reconnaître de loin des tableaux du Rijkmuseum à l'exposition Les Hollandais à Paris et baver devant un sublime Boldini dans cette même expo, aller voir l'avant-première de Jersey Affair (vo: Beast) de Michael Pearce et profiter d'un intéressant échange réalisateur/public, aller voir une avant-première d'un tout autre genre et me retrouver à me faire maquiller sur le devant de la "scène".

✿✿✿

Et pour la touche réalité, parce qu'il y a aussi des moments où ça va moins bien: Baver sur la neige des parisiens. Essayer d'écrire un mail en breton et m'apercevoir qu'en dix ans j'ai perdu non seulement beaucoup de vocabulaire, mais aussi beaucoup de mon assurance orthographique (la lueur d'espoir ? J'ai nettement comblé mes récentes lacunes depuis ma prise de conscience d'il y a deux ans. Ce n'est donc pas irréversible et je suis sur une pente montante.) Me plonger dans le vocabulaire breton et en sortir avec une véritable insécurité linguistique. Les frissons provoqués par la vision des anatifes. Faire un blocage sur mon nouveau projet dessin sans doute parce qu'il me tient beaucoup à coeur. A nouveau, me créer des angoisses à partir de pas grand chose en me rendant compte que j'avais dit que j'utiliserais ce dernier printemps de la vingtaine pour faire pleins de trucs - et que pour le moment je ne fais pas grand chose: je suis une froussarde bonne à rien.

Posté par ElanorLaBelle à 07:00 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [2]
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jeudi 1 mars 2018

Dans mon jardin / Février 2018

J'ai été bien dégoûtée lorsqu'il y a eu de la neige un peu partout mais pas ici. La pluie a été assez présente, mais on a quand même pu profiter de belles journées - certes venteuses et froides, mais le soleil faisait plaisir à voir. Seulement, elles ont été entrecoupées de journées pluvieuses et donc l'effet sur le sol ne s'est pas vraiment fait ressentir. On a continué à patauger dans la boue - que j'ai béni mes bottes achetées en début d'année! - jusqu'aux derniers jours du mois où, miracle, il a fait tellement froid que la boue s'est figée. Très agréable sensation de déambuler sur ces reliefs de terre gelée après des semaines à tenter de marcher alors qu'on s'enfonce jusqu'à parfois mi-mollet. On se sent très léger tout à coup. Les traditionnelles naissances d'agneaux ont eu lieu, un mâle et une femelle nés avec une journée d'intervalle. C'est fou comme ils gambadent partout très vite malgré leur petite taille. Le printemps semble arriver tranquillement, et c'est bien plaisant.

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Posté par ElanorLaBelle à 05:38 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [2]
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mardi 13 février 2018

Les charmants / Janvier 2018

C'est peut-être le compte rendu que j'ai eu le plus de mal à écrire dans le sens où j'ai presque plus de moments désagréables qu'agréables qui me viennent en tête. Pourtant, ils sont là ces charmants! Le mois aura été l'occasion de pas mal de fou-rires, de belles et intéressantes discussions, de bons moments entre amis et famille (et de bonne nourriture). Mais comme toujours c'est le regard qui joue, et en ce début d'année il est capricieux (malheureusement mon humeur de janvier continue et j'alterne entre périodes d'ultra motivation et périodes d'ultra déprime. C'est d'un pratique...). Petit récap.

Janvier

(sans ordre de préférence)

janvier

Aller à l'anniversaire de Malena et bien m'amuser. Profiter de ce week-end parisien pour aller au musée YSL avec Carole, pour papoter/partir à la recherche d'une pizzeria/découvrir que bfm paris existe/parler ciné et thé avec Chloé, pour goûter dans un salon de thé avec Shermane et Kleo, pour réitérer le papotage en salon de thé le lendemain avec la même Shermane, pour trainer au cinéma, pour visiter le musée de l'orangerie et pour passer un dimanche aprèm dans un café avec Chloé et Mamzelle'M qui était à Paris le même week-end - ce moment rigolo où tu t'aperçois que tu as passé plus de temps avec ta presque coloc et amie de longue date à Paris qu'à Rennes.

Faire un très drôle mini road-trip le long de la Côte d'Ajonc avec A. après s'être mangé un burger et bu un milkshake. S'arrêter pour marcher quelques kilomètres à Plougrescant (22) et profiter des rayons du soleil malgré le vent glacial, puis reprendre la voiture pour continuer vers la côte de Granit Rose et se retrouver à suivre une toute petite route au dénivelé important "j'ai l'impression que la voiture va tomber vers l'avant!"

La venue d'un de mes oncles en début de mois a été l'occasion d'une belle balade côtière mais aussi de se retrouver en famille devant de la bonne nourriture et des bonnes bouteilles, d'évoquer des souvenirs et de faire des défis culture générale en équipe: pour ma mère et mon oncle être choqués que moi et mon frère ne répondions pas à la question "comment appelle t'on la guerre des pierres ?", et pour moi, mon père et mon frère de s'étonner qu'ils ne répondent pas à "qui chante Englishman in New-York ?" et "qui chante Voyage Voyage ?". Visiblement nous n'avons pas les mêmes priorités.

Envoyer et recevoir des cartes de voeux (merci!). Je n'ai pas réussi à faire ce que je voulais à l'origine, mais ça a été l'occasion de tester les possibilités d'une table lumineuse et de trouver une idée intéressante à creuser pour un autre projet.

Finir de regarder Le Seigneur des anneaux I puis entamer le II. Décider qu'exceptionnellement on allait mettre la VF pour changer et finalement rire beaucoup devant certaines scènes, par exemple lorsque Boromir "s'amuse" avec l'épée cassée à Fondcombe ou lorsque Gandalf "en a marre, ça sert à rien" devant la porte de la Moria.

Se refaire les saisons 1 et 2 de Poldark avant d'entamer la troisième. Décidément, j'aime beaucoup cette série parce que c'est quand même la troisième fois que je me regarde la S2 en moins de deux ans, et la quatrième fois pour les épisodes de la saison 1, sans me lasser. L'aquisition récente des dvds est donc un achat utile :)

Commencer l'année en ne faisant strictement rien à part manger de la comfort food en regardant la version 2016 de Guerre et Paix  emmitouflée sous une grosse couette. En revanche, j'ai vraiment apprécié la Maria Bolkonskaia de Jessie Buckley, à tel point que j'ai enchaîné quelques jours plus tard avec The Last Post (j'ai regardé jusqu'au bout, mais cette série ne m'a pas emballée)

Echanger avec Sunalee sur la généalogie et du coup remettre le nez dessus pendant une petite demie-journée. C'est une activité absolument pas productive, complètement dévoreuse de temps, mais que pourtant je trouve particulièrement délassante. Note à moi-même: il faudrait peut-être que je me replonge dedans plus souvent.

Terminer plus ou moins mon mois de janvier 1 fleur/jour. J'aurai voulu faire quelque chose de mieux mais à ma décharge le papier kraft est une catastrophe (le coté glacé est complexe à travailler) et j'ai donc testé plusieurs façons de faire, plus ou moins heureuses, ce qui donne un aspect encore plus inégal à l'ensemble. Reste que j'ai tenu plus ou moins le coup (spoilers: février ne s'annonce pas très bien de ce coté...)

Mais aussi, une soirée time's up/bières avec ma soeur, mon frère et ses amis, finir mon premier livre de l'année, me coucher et en regardant par la fenêtre voir les étoiles, découvrir un chouette café avec A. et ma soeur, tester pleins de nouveaux lieux de miam miam.

✿✿✿

Et pour la touche réalité, parce qu'il y a aussi des moments où ça va moins bien: La grisaille et la boue. Plusieurs jours de stress, d'angoisse et de malaise, c'est de saison. Après avoir toussé durant plus d'un mois, me retrouver avec une douleur intercostale plus ou moins intense suivant là où je dors/mon niveau de joie (=rire) et le port ou non d'un soutien-gorge (oui...). Attendre plus de quinze jours pour recevoir deux commandes alors qu'elles ont été débitées le lendemain de l'achat, dont l'une est une commande faite... sur le site de laposte. Perdre une semelle d'un des talons de ces nouvelles chaussures dans le métro et du coup faire un bruit de sabots de cheval lorsque je marche dans les rues. Cette avant-première dont je n'avais pas connaissance et qui se passait un jour après mon départ de Paris. Ce moment en famille où tu te poses la question "pourquoi j'ai l'impression d'être si différente ?". Your Name, ce film sur-évalué (j'en reparlerai brièvement dans un mini-compte rendu ciné/TV)

Posté par ElanorLaBelle à 10:39 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [2]
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lundi 5 février 2018

La lumière

Les toits - Rennes, Février 2018

Aujourd'hui il fait beau, le ciel est bleu sans nuages et malgré le fait que je ne sois pas à la campagne, que les rayons du soleil ne me réchauffent pas le visage et que je n’entende pas le chant des oiseaux, je me sens redynamisée, positive et motivée. J'ai toujours envie de pleins de choses contradictoires à la fois, je suis aussi paumée qu'hier, mais j'ai l'impression que de belles choses vont arriver et je n'ai pas de sueurs froides à me dire que ma deadline personnelle est début Mars. Comme par magie, je ne me dis pas "c'est dans un tout petit mois" mais "il me reste une trentaine de journées, on peut faire plein de choses en trente jours!". Tout ça, parce que le ciel est dégagé.

L'impact de la lumière sur l'organisme et sur notre état d'esprit, je l'ai souvent minimisé. J'en ai toujours reconnu la véracité, mais j'ai aussi ressenti l'effet inverse: une période trop longtemps lumineuse m'épuise profondément et souvent, après un bel été, j'ai ce besoin de journées grises et fermées, des journées où, par effet de levier, je me sens requinquée. En revanche, je n'ai jamais été positivement sensible à l'augmentation de la durée de jour: finalement, je gère bien mieux les journées qui raccourcissent - je dois être un peu un animal hibernant. La perte de luminosité de l'automne se compense par différents faits*:

L'automne fait suite au printemps et à l'été qui sont normalement des saisons plutôt lumineuses. Avoir moins de lumière, plus de pénombre est de fait presque reposant / L'automne à défaut d'une luminosité forte, a cette chaleur lumineuse (du moins dans sa première partie): l'ambré des feuillages, la lumière rasante. Tout concourt à un aspect chaleureux à défaut d'être lumineux / Enfin, l'automne est aussi une période pré-fêtes où on trouve une lutte contre la morosité. 

(c'est aussi dans mon cas le début de mes ennuis avec l'éclairage artificiel. Mais ça c'est autre chose)

En revanche, si l'hiver voit la durée du jour croitre, c'est aussi une période où la grisaille commence à se faire ressentir durement. Pour peu que l'on soit dans un flux perturbé d'ouest (hahaha), tempêtes - pluviométrie - vent - arbres nus - nuages gris, sont un combo particulièrement efficace pour mettre n'importe qui KO. Je n'ai pas besoin de préciser que l'automne-hiver 2017-2018 est jusqu'alors rudement gris, sombre et humide, du moins sur la partie nord de la France. De fait, pour la première fois depuis longtemps, je ressens l'effet du soleil de manière extremement notable. Elles ont été tellement peu nombreuses ces journées où le soleil venait nous dire coucou!

Je ne me fais pas d'illusions, même si la météo nous promet froid et soleil pour les prochains jours (youpi!), mes angoisses vont vite reprendre le dessus. Mais en attendant, je savoure avec délectation ce petit répit.

Belle journée!

* Je parle ici pour moi on est d'accord

samedi 3 février 2018

Vie onirique

Il y a ces matins où en faisant mon lit, j'ai déjà hâte de m'endormir le soir. Non pas que je sois spécialement fatiguée, que la journée qui s'annonce soit particulièrement déplaisante ou que je sois désabusée par le monde - oui, ça m'arrive aussi de vouloir me recoucher pour ces raisons. Non, il y a ces matins où l'envie d'aller dormir est simplement aussi attrayante que de continuer un bon bouquin. Je fais partie de ces personnes qui se rappellent très régulièrement de leurs rêves, agréables ou désagréables, qui ont cette tendance à transférer dans leurs songes ce qui s'est passé dans la journée/dans les jours précédents, mais aussi très souvent qui font des rêves à tiroirs avec de multiples péripéties, ce genre de rêves dont on aimerait parfois avoir la version littéraire ou cinématographique. Et même lorsque je ne me rappelle que de détails précis mais succincts, il y a des fois où l'intensité est toujours présente au réveil, où elle me suit toute la journée et où je ne peux m'empêcher de souhaiter me recoucher juste pour revivre une histoire de la même force. Forcément, en général, ça ne se passe pas comme ça et la nuit suivante est juste fade.

Janvier fut particulièrement riche en rêves mémorables et intenses. Est-ce-que c'est parce que j'ai été très angoissée ? Je me pose la question, car de la première quinzaine, lorsque j'étais plutôt enthousiaste, motivée et confiante, je ne me souviens de pas grand chose. Deux, trois, trucs rigolos, mais à part peut-être un rêve, aucun n'est resté marquant. En revanche, la seconde quinzaine fut très, très intense. Au-delà des rêves de catastrophes naturelles et de fin du monde (la constante de ma vie onirique), ça a beaucoup tourné autour de missions et de quêtes. Et pour le coup, il y a même eu une semaine (du vendredi 19 Janvier, jour de mon arrivée à Paris, au vendredi 26, jour de mon retour en Bretagne occidentale) où chaque matin j'avais ce moment de flottement, où chaque jour il y avait un moment dans la journée où j'avais un doute sur un détail (c'était en vrai ou dans mon rêve ça ?). Ça correspond à une période émotionnellement plus compliquée à gérer. Je me demande donc si je n'évacue pas toute ma frustration dans mes rêves. Ce qui serait une idée tout à fait plausible.

En attendant, à cause de Sense 8 que je me regarde depuis quelques soirées, j'ai fait un rêve où je me méfiais de tout le monde et où la peur qu'une personne vienne me tuer me faisait douter jusqu'à mes proches et mes invités. Le pire c'est que j'ai vécu cette expérience comme quelque chose d'à la fois horrible et palpitant. Ma vie (réélle) doit définitivement manquer de piquant.

maxpixel

Notes:

| Hormis ces rêves où je déambule dans des villes inventées à l'architecture très particulière (ce pont en bois sculpté et peint d'il y a une dizaine d'années, cette église immense en bord de mer d'il y a quelques mois et cette ville que je revisite régulièrement depuis 5 ans) la seule image parfaitement nette que je garde en tête et que je pourrais redessiner si j'avais la capacité graphique adéquate, c'est ce superman qui quitte le ferry dont j'ai rêvé il y a presque deux ans.|

| Oh, et toutes ces fois où, moment horrible, lorsque tu te réveilles tu t'aperçois que ce super film/ce génial livre/cette sublime robe/cette merveille architecturale, n'existe que dans tes songes.|

mercredi 31 janvier 2018

Dans mon jardin / Janvier 2018

Grisaille. Venteux et pluvieux en début de mois, une mini accalmie de quelques jours qui nous a permis de faire de jolies balades, puis à nouveau gris et humide. Le temps navigue entre du gris + petite pluie, du gris tout court, ou du gris + tempête. Limite c'était les passages tempétueux les plus agréables: un bon coup de vent puis un peu de soleil. Pour résumer le temps du mois, c'est simple, les rares fois où le soleil arrivait à traverser les nuages et à réchauffer mon visage par ses rayons je me surprenais à fermer les yeux de contentement - on en est là. Que dire aussi de cette joie teintée de surprise qui m'a envahie lorsque j'ai regardé par la vitre de ma chambre la nuit et que j'ai vu un ciel dégagé rempli d'étoiles (des étoiles!!!) ? Conséquence directe de ses semaines/mois d'humidité, la boue est bien présente. Certes, on voit que la verdure fait de la résistance (les bulbes sortent de terre, les camélias commencent à fleurir en cette fin de mois: on en a découvert un nouveau d'ailleurs et celui juste en face de la maison est tellement grand maintenant... il était plus petit que moi lorsqu'on est arrivé, avec à peine cinq à six boutons. Désormais je dois lever la tête pour le regarder et il a des dizaines de boutons!) mais ça reste encore dominé par le marron-boueux.

Janvier 18 (7)

Janvier 18 (8) Janvier 18 (9)

Janvier 18 (10)

Janvier 18 (11)

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Posté par ElanorLaBelle à 06:24 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [0]
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samedi 27 janvier 2018

Les femmes et l'art / Carnet de bord (1)

Comme cela reprend une bonne place dans ma vie, j'ai pensé reprendre ici le carnet de bord que je tiens sur la relecture de mon mémoire. Normalement, si tout va bien, cela devrait déboucher sur des petites notes historiques sur le vaste sujet "Femmes et artistes".

carnet de bord

Rennes 19 décembre 2017 

Voilà, j'y suis. Les femmes et l'art / Etudiant-e-s aux Beaux-Arts au début du XXe : remettre à jour mon propos et en dégager les grandes lignes. 

Je suis obligée de me rendre à l'évidence: ce sujet m'habite. Pourtant, il est venu à moi indirectement. J'avais ce regret de ne pas avoir choisi Histoire à la fac, j'avais cette envie d'étudier à l'étranger, je cherchais à être cohérente dans mon parcours universitaire. Alors j'ai trouvé ce master spécialisé en Histoire des femmes, j'ai lié la thématique à mon parcours d'Histoire de l'Art (et à mon histoire personnelle), ça a visiblement intéressé ma directrice de mémoire et on a cherché un sujet qui engloberait ma thématique "femmes artistes". Deux se sont dégagées: les femmes sculptrices et les femmes dans les écoles d'art à partir du moment où il y a eu mixité. Par manque de sources, j'ai choisi le deuxième sujet. Mes recherches et mes "découvertes" m'ont depuis appris que le premier est éminemment intéressant et qu'il fait se croiser une multitude de problématiques - piste à explorer.

A l'époque de mes recherches initiales (2009-2010) puis des approfondissements (2011-2012), ma bibliographie n'était pas si vaste. Elle est beaucoup plus fournie aujourd'hui mais visiblement pas si courue que ça car la plupart des ouvrages sont disponibles dès que je viens à la bibliothèque. Il y a désormais plusieurs initiatives institutionnelles pour réhabiliter les femmes dans l'Histoire de l'art mais c'est souvent au niveau d'expositions temporaires - pour l'accrochage il y a encore du boulot. A quand un travail en profondeur sur les collections exposées ? Elles existent pourtant ces oeuvres créées par des femmes et conservées dans les réserves des musées. Au jeu du "où sont exposées les artistes de sexe féminin ?" dans la plupart des musées, sur la période avant la seconde guerre mondiale, la réponse est souvent "elles ne sont pas là". Il y a fort heureusement aussi des initiatives individuelles et collectives, des associations comme AWARE, des personnes qui s'impliquent (exemples parmi d'autres, les recherches de Diglee sur les poétesses ou ce compte instagram qui met en avant des artistes femmes).

Judith Leyster - Autoportrait (c. 1630)

La visibilité. Je suis fascinée par la construction de l'Histoire, par ces personnes, femmes et hommes, qui furent célébré-e-s, apprécié-e-s, admiré-e-s, reconnu-e-s, il y a un siècle, deux, moins parfois, et qui sont aujourd'hui tombé-e-s dans l'oubli. Bien sûr, en tant que femme qui a entendu/vu/lu comme beaucoup de petites filles quasi exclusivement des "modèles" d'hommes dans l'Histoire de France et du monde, j'ai envie de découvrir, de partager, de voir, une Histoire où l'on trouve au moins autant de figures de femmes. Non pas forcément des forces de la nature - est-ce-que tous ces exemples d'hommes sont des forces de la nature ? Non. Je voudrais connaître l'histoire d'autres femmes, à d'autres époques. L'Histoire n'est jamais neutre, elle existe toujours à travers un regard, c'est l'une des premières choses que l'on m'a apprise lors de mes études universitaires. Alors oui, je veux une autre Histoire, plus variée. Et si elle passe par la mise en avant de figures de femmes, je trouve qu'on devrait aussi plus généralement la renouveller - je sais pas vous, mais je trouve qu'on a tendance à nous bassiner beaucoup avec les mêmes noms.

Je ne vois pas trop quelle pierre je pourrais ajouter à l'édifice. Je ne suis pas assez exhaustive pour être historienne, pas assez créatrice pour être écrivaine, pas assez méthodique pour vulgariser le tout de manière novatrice. Je ne sais pas où je vais, mais je vais essayer d'y aller.

Posté par ElanorLaBelle à 07:59 PM - Un thé, un café, une pâtisserie ? [0]
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