Confidences autour d'un thé... (ou d'un café)



mardi 13 février 2018

Les charmants / Janvier 2018

C'est peut-être le compte rendu que j'ai eu le plus de mal à écrire dans le sens où j'ai presque plus de moments désagréables qu'agréables qui me viennent en tête. Pourtant, ils sont là ces charmants! Le mois aura été l'occasion de pas mal de fou-rires, de belles et intéressantes discussions, de bons moments entre amis et famille (et de bonne nourriture). Mais comme toujours c'est le regard qui joue, et en ce début d'année il est capricieux (malheureusement mon humeur de janvier continue et j'alterne entre périodes d'ultra motivation et périodes d'ultra déprime. C'est d'un pratique...). Petit récap.

Janvier

(sans ordre de préférence)

janvier

Aller à l'anniversaire de Malena et bien m'amuser. Profiter de ce week-end parisien pour aller au musée YSL avec Carole, pour papoter/partir à la recherche d'une pizzeria/découvrir que bfm paris existe/parler ciné et thé avec Chloé, pour goûter dans un salon de thé avec Shermane et Kleo, pour réitérer le papotage en salon de thé le lendemain avec la même Shermane, pour trainer au cinéma, pour visiter le musée de l'orangerie et pour passer un dimanche aprèm dans un café avec Chloé et Mamzelle'M qui était à Paris le même week-end - ce moment rigolo où tu t'aperçois que tu as passé plus de temps avec ta presque coloc et amie de longue date à Paris qu'à Rennes.

Faire un très drôle mini road-trip le long de la Côte d'Ajonc avec A. après s'être mangé un burger et bu un milkshake. S'arrêter pour marcher quelques kilomètres à Plougrescant (22) et profiter des rayons du soleil malgré le vent glacial, puis reprendre la voiture pour continuer vers la côte de Granit Rose et se retrouver à suivre une toute petite route au dénivelé important "j'ai l'impression que la voiture va tomber vers l'avant!"

La venue d'un de mes oncles en début de mois a été l'occasion d'une belle balade côtière mais aussi de se retrouver en famille devant de la bonne nourriture et des bonnes bouteilles, d'évoquer des souvenirs et de faire des défis culture générale en équipe: pour ma mère et mon oncle être choqués que moi et mon frère ne répondions pas à la question "comment appelle t'on la guerre des pierres ?", et pour moi, mon père et mon frère de s'étonner qu'ils ne répondent pas à "qui chante Englishman in New-York ?" et "qui chante Voyage Voyage ?". Visiblement nous n'avons pas les mêmes priorités.

Envoyer et recevoir des cartes de voeux (merci!). Je n'ai pas réussi à faire ce que je voulais à l'origine, mais ça a été l'occasion de tester les possibilités d'une table lumineuse et de trouver une idée intéressante à creuser pour un autre projet.

Finir de regarder Le Seigneur des anneaux I puis entamer le II. Décider qu'exceptionnellement on allait mettre la VF pour changer et finalement rire beaucoup devant certaines scènes, par exemple lorsque Boromir "s'amuse" avec l'épée cassée à Fondcombe ou lorsque Gandalf "en a marre, ça sert à rien" devant la porte de la Moria.

Se refaire les saisons 1 et 2 de Poldark avant d'entamer la troisième. Décidément, j'aime beaucoup cette série parce que c'est quand même la troisième fois que je me regarde la S2 en moins de deux ans, et la quatrième fois pour les épisodes de la saison 1, sans me lasser. L'aquisition récente des dvds est donc un achat utile :)

Commencer l'année en ne faisant strictement rien à part manger de la comfort food en regardant la version 2016 de Guerre et Paix  emmitouflée sous une grosse couette. En revanche, j'ai vraiment apprécié la Maria Bolkonskaia de Jessie Buckley, à tel point que j'ai enchaîné quelques jours plus tard avec The Last Post (j'ai regardé jusqu'au bout, mais cette série ne m'a pas emballée)

Echanger avec Sunalee sur la généalogie et du coup remettre le nez dessus pendant une petite demie-journée. C'est une activité absolument pas productive, complètement dévoreuse de temps, mais que pourtant je trouve particulièrement délassante. Note à moi-même: il faudrait peut-être que je me replonge dedans plus souvent.

Terminer plus ou moins mon mois de janvier 1 fleur/jour. J'aurai voulu faire quelque chose de mieux mais à ma décharge le papier kraft est une catastrophe (le coté glacé est complexe à travailler) et j'ai donc testé plusieurs façons de faire, plus ou moins heureuses, ce qui donne un aspect encore plus inégal à l'ensemble. Reste que j'ai tenu plus ou moins le coup (spoilers: février ne s'annonce pas très bien de ce coté...)

Mais aussi, une soirée time's up/bières avec ma soeur, mon frère et ses amis, finir mon premier livre de l'année, me coucher et en regardant par la fenêtre voir les étoiles, découvrir un chouette café avec A. et ma soeur, tester pleins de nouveaux lieux de miam miam.

✿✿✿

Et pour la touche réalité, parce qu'il y a aussi des moments où ça va moins bien: La grisaille et la boue. Plusieurs jours de stress, d'angoisse et de malaise, c'est de saison. Après avoir toussé durant plus d'un mois, me retrouver avec une douleur intercostale plus ou moins intense suivant là où je dors/mon niveau de joie (=rire) et le port ou non d'un soutien-gorge (oui...). Attendre plus de quinze jours pour recevoir deux commandes alors qu'elles ont été débitées le lendemain de l'achat, dont l'une est une commande faite... sur le site de laposte. Perdre une semelle d'un des talons de ces nouvelles chaussures dans le métro et du coup faire un bruit de sabots de cheval lorsque je marche dans les rues. Cette avant-première dont je n'avais pas connaissance et qui se passait un jour après mon départ de Paris. Ce moment en famille où tu te poses la question "pourquoi j'ai l'impression d'être si différente ?". Your Name, ce film sur-évalué (j'en reparlerai brièvement dans un mini-compte rendu ciné/TV)

Posté par ElanorLaBelle à 10:39 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [2]
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lundi 5 février 2018

La lumière

Les toits - Rennes, Février 2018

Aujourd'hui il fait beau, le ciel est bleu sans nuages et malgré le fait que je ne sois pas à la campagne, que les rayons du soleil ne me réchauffent pas le visage et que je n’entende pas le chant des oiseaux, je me sens redynamisée, positive et motivée. J'ai toujours envie de pleins de choses contradictoires à la fois, je suis aussi paumée qu'hier, mais j'ai l'impression que de belles choses vont arriver et je n'ai pas de sueurs froides à me dire que ma deadline personnelle est début Mars. Comme par magie, je ne me dis pas "c'est dans un tout petit mois" mais "il me reste une trentaine de journées, on peut faire plein de choses en trente jours!". Tout ça, parce que le ciel est dégagé.

L'impact de la lumière sur l'organisme et sur notre état d'esprit, je l'ai souvent minimisé. J'en ai toujours reconnu la véracité, mais j'ai aussi ressenti l'effet inverse: une période trop longtemps lumineuse m'épuise profondément et souvent, après un bel été, j'ai ce besoin de journées grises et fermées, des journées où, par effet de levier, je me sens requinquée. En revanche, je n'ai jamais été positivement sensible à l'augmentation de la durée de jour: finalement, je gère bien mieux les journées qui raccourcissent - je dois être un peu un animal hibernant. La perte de luminosité de l'automne se compense par différents faits*:

L'automne fait suite au printemps et à l'été qui sont normalement des saisons plutôt lumineuses. Avoir moins de lumière, plus de pénombre est de fait presque reposant / L'automne à défaut d'une luminosité forte, a cette chaleur lumineuse (du moins dans sa première partie): l'ambré des feuillages, la lumière rasante. Tout concourt à un aspect chaleureux à défaut d'être lumineux / Enfin, l'automne est aussi une période pré-fêtes où on trouve une lutte contre la morosité. 

(c'est aussi dans mon cas le début de mes ennuis avec l'éclairage artificiel. Mais ça c'est autre chose)

En revanche, si l'hiver voit la durée du jour croitre, c'est aussi une période où la grisaille commence à se faire ressentir durement. Pour peu que l'on soit dans un flux perturbé d'ouest (hahaha), tempêtes - pluviométrie - vent - arbres nus - nuages gris, sont un combo particulièrement efficace pour mettre n'importe qui KO. Je n'ai pas besoin de préciser que l'automne-hiver 2017-2018 est jusqu'alors rudement gris, sombre et humide, du moins sur la partie nord de la France. De fait, pour la première fois depuis longtemps, je ressens l'effet du soleil de manière extremement notable. Elles ont été tellement peu nombreuses ces journées où le soleil venait nous dire coucou!

Je ne me fais pas d'illusions, même si la météo nous promet froid et soleil pour les prochains jours (youpi!), mes angoisses vont vite reprendre le dessus. Mais en attendant, je savoure avec délectation ce petit répit.

Belle journée!

* Je parle ici pour moi on est d'accord

samedi 3 février 2018

Vie onirique

Il y a ces matins où en faisant mon lit, j'ai déjà hâte de m'endormir le soir. Non pas que je sois spécialement fatiguée, que la journée qui s'annonce soit particulièrement déplaisante ou que je sois désabusée par le monde - oui, ça m'arrive aussi de vouloir me recoucher pour ces raisons. Non, il y a ces matins où l'envie d'aller dormir est simplement aussi attrayante que de continuer un bon bouquin. Je fais partie de ces personnes qui se rappellent très régulièrement de leurs rêves, agréables ou désagréables, qui ont cette tendance à transférer dans leurs songes ce qui s'est passé dans la journée/dans les jours précédents, mais aussi très souvent qui font des rêves à tiroirs avec de multiples péripéties, ce genre de rêves dont on aimerait parfois avoir la version littéraire ou cinématographique. Et même lorsque je ne me rappelle que de détails précis mais succincts, il y a des fois où l'intensité est toujours présente au réveil, où elle me suit toute la journée et où je ne peux m'empêcher de souhaiter me recoucher juste pour revivre une histoire de la même force. Forcément, en général, ça ne se passe pas comme ça et la nuit suivante est juste fade.

Janvier fut particulièrement riche en rêves mémorables et intenses. Est-ce-que c'est parce que j'ai été très angoissée ? Je me pose la question, car de la première quinzaine, lorsque j'étais plutôt enthousiaste, motivée et confiante, je ne me souviens de pas grand chose. Deux, trois, trucs rigolos, mais à part peut-être un rêve, aucun n'est resté marquant. En revanche, la seconde quinzaine fut très, très intense. Au-delà des rêves de catastrophes naturelles et de fin du monde (la constante de ma vie onirique), ça a beaucoup tourné autour de missions et de quêtes. Et pour le coup, il y a même eu une semaine (du vendredi 19 Janvier, jour de mon arrivée à Paris, au vendredi 26, jour de mon retour en Bretagne occidentale) où chaque matin j'avais ce moment de flottement, où chaque jour il y avait un moment dans la journée où j'avais un doute sur un détail (c'était en vrai ou dans mon rêve ça ?). Ça correspond à une période émotionnellement plus compliquée à gérer. Je me demande donc si je n'évacue pas toute ma frustration dans mes rêves. Ce qui serait une idée tout à fait plausible.

En attendant, à cause de Sense 8 que je me regarde depuis quelques soirées, j'ai fait un rêve où je me méfiais de tout le monde et où la peur qu'une personne vienne me tuer me faisait douter jusqu'à mes proches et mes invités. Le pire c'est que j'ai vécu cette expérience comme quelque chose d'à la fois horrible et palpitant. Ma vie (réélle) doit définitivement manquer de piquant.

maxpixel

Notes:

| Hormis ces rêves où je déambule dans des villes inventées à l'architecture très particulière (ce pont en bois sculpté et peint d'il y a une dizaine d'années, cette église immense en bord de mer d'il y a quelques mois et cette ville que je revisite régulièrement depuis 5 ans) la seule image parfaitement nette que je garde en tête et que je pourrais redessiner si j'avais la capacité graphique adéquate, c'est ce superman qui quitte le ferry dont j'ai rêvé il y a presque deux ans.|

| Oh, et toutes ces fois où, moment horrible, lorsque tu te réveilles tu t'aperçois que ce super film/ce génial livre/cette sublime robe/cette merveille architecturale, n'existe que dans tes songes.|

mercredi 31 janvier 2018

Dans mon jardin / Janvier 2018

Grisaille. Venteux et pluvieux en début de mois, une mini accalmie de quelques jours qui nous a permis de faire de jolies balades, puis à nouveau gris et humide. Le temps navigue entre du gris + petite pluie, du gris tout court, ou du gris + tempête. Limite c'était les passages tempétueux les plus agréables: un bon coup de vent puis un peu de soleil. Pour résumer le temps du mois, c'est simple, les rares fois où le soleil arrivait à traverser les nuages et à réchauffer mon visage par ses rayons je me surprenais à fermer les yeux de contentement - on en est là. Que dire aussi de cette joie teintée de surprise qui m'a envahie lorsque j'ai regardé par la vitre de ma chambre la nuit et que j'ai vu un ciel dégagé rempli d'étoiles (des étoiles!!!) ? Conséquence directe de ses semaines/mois d'humidité, la boue est bien présente. Certes, on voit que la verdure fait de la résistance (les bulbes sortent de terre, les camélias commencent à fleurir en cette fin de mois: on en a découvert un nouveau d'ailleurs et celui juste en face de la maison est tellement grand maintenant... il était plus petit que moi lorsqu'on est arrivé, avec à peine cinq à six boutons. Désormais je dois lever la tête pour le regarder et il a des dizaines de boutons!) mais ça reste encore dominé par le marron-boueux.

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Posté par ElanorLaBelle à 06:24 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [0]
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samedi 27 janvier 2018

Les femmes et l'art / Carnet de bord (1)

Comme cela reprend une bonne place dans ma vie, j'ai pensé reprendre ici le carnet de bord que je tiens sur la relecture de mon mémoire. Normalement, si tout va bien, cela devrait déboucher sur des petites notes historiques sur le vaste sujet "Femmes et artistes".

carnet de bord

Rennes 19 décembre 2017 

Voilà, j'y suis. Les femmes et l'art / Etudiant-e-s aux Beaux-Arts au début du XXe : remettre à jour mon propos et en dégager les grandes lignes. 

Je suis obligée de me rendre à l'évidence: ce sujet m'habite. Pourtant, il est venu à moi indirectement. J'avais ce regret de ne pas avoir choisi Histoire à la fac, j'avais cette envie d'étudier à l'étranger, je cherchais à être cohérente dans mon parcours universitaire. Alors j'ai trouvé ce master spécialisé en Histoire des femmes, j'ai lié la thématique à mon parcours d'Histoire de l'Art (et à mon histoire personnelle), ça a visiblement intéressé ma directrice de mémoire et on a cherché un sujet qui engloberait ma thématique "femmes artistes". Deux se sont dégagées: les femmes sculptrices et les femmes dans les écoles d'art à partir du moment où il y a eu mixité. Par manque de sources, j'ai choisi le deuxième sujet. Mes recherches et mes "découvertes" m'ont depuis appris que le premier est éminemment intéressant et qu'il fait se croiser une multitude de problématiques - piste à explorer.

A l'époque de mes recherches initiales (2009-2010) puis des approfondissements (2011-2012), ma bibliographie n'était pas si vaste. Elle est beaucoup plus fournie aujourd'hui mais visiblement pas si courue que ça car la plupart des ouvrages sont disponibles dès que je viens à la bibliothèque. Il y a désormais plusieurs initiatives institutionnelles pour réhabiliter les femmes dans l'Histoire de l'art mais c'est souvent au niveau d'expositions temporaires - pour l'accrochage il y a encore du boulot. A quand un travail en profondeur sur les collections exposées ? Elles existent pourtant ces oeuvres créées par des femmes et conservées dans les réserves des musées. Au jeu du "où sont exposées les artistes de sexe féminin ?" dans la plupart des musées, sur la période avant la seconde guerre mondiale, la réponse est souvent "elles ne sont pas là". Il y a fort heureusement aussi des initiatives individuelles et collectives, des associations comme AWARE, des personnes qui s'impliquent (exemples parmi d'autres, les recherches de Diglee sur les poétesses ou ce compte instagram qui met en avant des artistes femmes).

Judith Leyster - Autoportrait (c. 1630)

La visibilité. Je suis fascinée par la construction de l'Histoire, par ces personnes, femmes et hommes, qui furent célébré-e-s, apprécié-e-s, admiré-e-s, reconnu-e-s, il y a un siècle, deux, moins parfois, et qui sont aujourd'hui tombé-e-s dans l'oubli. Bien sûr, en tant que femme qui a entendu/vu/lu comme beaucoup de petites filles quasi exclusivement des "modèles" d'hommes dans l'Histoire de France et du monde, j'ai envie de découvrir, de partager, de voir, une Histoire où l'on trouve au moins autant de figures de femmes. Non pas forcément des forces de la nature - est-ce-que tous ces exemples d'hommes sont des forces de la nature ? Non. Je voudrais connaître l'histoire d'autres femmes, à d'autres époques. L'Histoire n'est jamais neutre, elle existe toujours à travers un regard, c'est l'une des premières choses que l'on m'a apprise lors de mes études universitaires. Alors oui, je veux une autre Histoire, plus variée. Et si elle passe par la mise en avant de figures de femmes, je trouve qu'on devrait aussi plus généralement la renouveller - je sais pas vous, mais je trouve qu'on a tendance à nous bassiner beaucoup avec les mêmes noms.

Je ne vois pas trop quelle pierre je pourrais ajouter à l'édifice. Je ne suis pas assez exhaustive pour être historienne, pas assez créatrice pour être écrivaine, pas assez méthodique pour vulgariser le tout de manière novatrice. Je ne sais pas où je vais, mais je vais essayer d'y aller.

Posté par ElanorLaBelle à 07:59 PM - Un thé, un café, une pâtisserie ? [0]
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lundi 15 janvier 2018

Malaise - Etats d'âme en vrac

Donc la lune de miel avec la nouvelle année aura été de courte durée. Même pas quinze jours.

Les angoisses reprennent le dessus sans que je puisse y faire grand chose. J'en arrive doucement mais sûrement au stade où rationaliser ne sert à rien, où les angoisses m'assaillent le soir et le matin (et s'interposent entre les activités de la journées pour peu qu'elles ne soient pas trop prenantes). Je navigue entre peur et lassitude. Peur d'aller vers les gens. Lassitude de faire des boulots pas désagréables mais qui à chaque fois (ou presque) finissent par m'étouffer et me donner envie d'ailleurs. Peur du mal être. Lassitude de revenir toujours au même point. Peur de la déception. Lassitude de moi aussi, un peu.

Automne

Mon mois de janvier est bouclé, dans mon planning mental février est bien entamé et mars arrive à grands pas. Les choix doivent être faits. Il y a ces offres d'emplois pour le printemps/été/automne: mais suis-je prête à faire à nouveau une saison complète ? (je suis d'accord avec moi même sur la nécessité et l'envie de faire la saison estivale mi-juin/mi-septembre). Il y a cette envie d'ailleurs, toujours là, toujours présente: mais suis-je préparée à tenter le échange de services = logement, avec des inconnus ?  Est-ce-que je veux partir sur longue ou moyenne durée ? Dans un lieu isolé ou en milieu urbain ?  En itinérance ou pas ? Aller sur les traces de Marianna Starke, me créer mon propre parcours, ou me sédentariser quelques semaines/mois quelque part ? Trouver un emploi hors-France mais par quel biais ? En Europe centrale, du nord ou dans les îles britanniques ? Ou alors juste immigrer provisoirement ailleurs en France ? Dans tous les cas, un départ veut aussi dire un retour et l'expérience m'a appris que c'est aussi difficile l'un que l'autre. Parce que qu'est-ce-qui se passe après ? Le retour à la case départ ou presque.

Je veux bouger, mais j'ai plus que jamais du mal à faire des pas vers les autres. J'ai toujours été quelqu'un d'introverti qui prend sur soi lorsqu'elle se retrouve avec plusieurs personnes à la fois, même des amis. En même temps, j'aime papoter, j'aime échanger, j'aime parler avec de nouvelles personnes, j'ai besoin des autres. Mais j'ai l'impression de ne plus avoir la force de faire semblant d'être à l'aise, de ne plus avoir la capacité de prendre sur moi pour la bonne cause.

J'ai adoré visiter Prague en mars 2017, Dublin en décembre 2016, Lyon en décembre 2017 et à chaque fois je serais bien restée plus longtemps. Me poser une, deux, trois semaines (voir plus ?) dans un endroit que je peux apprivoiser. Mais je me sens incapable de me parachuter quelque part sans filet et de partir à la recherche d'un job. J'ai retenté Rennes, mais je crois que ça ne me convient pas/plus. Pourtant j'y ai un pied à terre, j'y ai des amis, et il y a de chouettes endroits où se poser et écrire. Je suis compliquée.

Parallèlement à ça, j'ai relancé la machine recherche (pour combien de temps, je ne saurais le dire). Devrais-je abandonner le "ailleurs" si problématique et me concentrer sur ces recherches relancées ? (Les femmes artistes / l'Histoire locale) Mais suis-je apte à en sortir finalement quelque chose ? Car sinon ce serait juste un non-choix et ce faisant ne serais-je pas juste froussarde ? Ne relancerais-je pas juste l'éternel cercle du "vis au moment présent et vois comment les choses évoluent" qui ne m'a pas fais beaucoup avancer ces dernières années ?

Je me pose sans doute trop de questions, ou peut-être les mauvaises. Je devrais peut-être me faire plus confiance et je devrais définitivement faire plus confiance aux autres.  Il faudrait sans doute que je relativise, que je prenne du recul plutôt que me mettre une pression: au final ce sont des broutilles. Mais en attendant d'arriver à les faire taire, ces questionnements qui bourdonnent (se multiplient de jours en jours!) et jouent au ping-pong dans ma tête m'épuise. 

dimanche 14 janvier 2018

Le château de Trevarez

J'étais déjà allée à Trévarez il y a des années, mais c'est un souvenir qui reste assez flou. On a beau en reparler avec ma mère, il ne nous reste que des détails de cette sortie. C'était à la période des fêtes, je devais être au collège, et on avait vu des crèches du monde. C'est le seul souvenir défini que j'ai en fait, ce rassemblement de crèches du monde. J'avais trouvé ça particulièrement beau et passionnant. Je me suis aperçue en décembre que c'était visiblement le seul qui me restait: le lieu, je le reconnaissais surtout à cause des photos, des brochures touristiques et de notre passage non loin durant ma journée d'anniversaire au mois d'Août dernier.

Après avoir contemplé un parking bien rempli nous avons commencé notre visite par des photographies de Julien Gérardin, photographe nancéien amateur du début du vingtième siècle, qui se fondent à merveille dans la végétation. Puis nous nous sommes dirigés vers le château qui, bien qu'en travaux/délabré à certains endroits, est imposant et domine littéralement la vallée en contrebas. Ce n'est pas très compliqué de s'imaginer des années en arrière!

Trévarez - Decembre 2017 (2)

Trévarez - Decembre 2017 (4)

Trévarez - Decembre 2017 (6) Trévarez - Decembre 2017 (5)

Trévarez - Decembre 2017 (7)

Trévarez - Decembre 2017 (3) Trévarez - Decembre 2017 (8)

Trévarez - Decembre 2017 (10)

Trévarez - Decembre 2017 (9) Trévarez - Decembre 2017 (11)

Trévarez - Decembre 2017 (13)

Le domaine est vaste et la promenade est agréable, je suppose à chaque saisons: la grisaille hivernale donnait cette atmosphère un peu roman gothique du dix-neuvième. J'imagine aisément le retour au vert et l'arrivée des fleurs (le domaine de Trévarez est connu pour ses camélias) lorsqu'arrive le printemps puis l'été et ces arbres doivent prendre de belles tonalités automnales. J'y retournerais bien lorsque les beaux jours arriveront.

Vous vous souvenez peut-être de ce billet que j'avais écrit sur Alphonse Guillot il y a maintenant presque deux ans ? J'avais prévu à l'époque d'aller voir l'exposition de certaines de ces photos dans les jardins du château. Et puis, comme ce qui arrive souvent lorsqu'on se dit on a le temps, c'est pas si loin, je n'y suis pas allée. Quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur des reproductions photographiques étrangement familières en me baladant sur le domaine. Je n'avais aucune idée qu'elles étaient encore exposées - du moins en partie, je ne sais pas quelle était la teneur de l'exposition originale.

Trévarez - Decembre 2017 (12)

Après avoir fait le tour du domaine (de l'entrée, nous sommes montés au château, puis descendus vers la chapelle et le réservoir, pour remonter vers le potager puis retrouver les anciennes écuries) nous sommes allés visiter l'exposition "Alice" le pourquoi de notre visite hivernale: c'était l'anniversaire de mon père et c'est un grand admirateur d'Alice au Pays des Merveilles. L'exposition était bondée, ce fut compliqué de tout voir, embêtant de devoir attendre pour regarder, de ne pas pouvoir avancer (en plus il y avait pleins de poussettes), d'autant plus frustrant que l'ensemble était à la fois drôle et beau - même pour moi qui n'a jamais trop aimé cet univers.

Trévarez - Decembre 2017 (18)

Trévarez - Decembre 2017 (14) Trévarez - Decembre 2017 (15)

Trévarez - Decembre 2017 (16) Trévarez - Decembre 2017 (17)

Enfin, après avoir dégusté un vin chaud et quelques douceurs, la nuit tombant, nous sommes repartis vers le château pour profiter du parcours lumineux ponctués d'installations colorées qui se termine par des projections sur la façade du château. "En fait, il te suffit d'avoir un projo et ça te fait ta décoration lumineuse dans ton jardin" (discussion entendue à la volée)

Trévarez - Decembre 2017 (1)

Trévarez - Decembre 2017 (19) Trévarez - Decembre 2017 (20)

jeudi 11 janvier 2018

Les lectures 2018 : Au programme

Le challenge 2017 comportait deux volets. Le premier était d'atteindre les 5500 pages lues, ce qui a été fait avec succès car j'ai dépassé ce nombre dès juin et j'ai fini l'année avec 9150 pages lues. Le second objectif était de remplir le maximum des 78 catégories sélectionnées en début d'année et j'en suis arrivée à 38/78 (peut nettement mieux faire)

En 2018, je vais repartir sur ce double objectif, nombre de pages à lire + catégories à cocher, en y ajoutant un troisième objectif, moins défini pour l'instant, qui sera de lire des auteurs de différentes nationalités. Je verrais au fur et à mesure de l'année comment cette nouvelle variable s'installe (ou pas).

lECTURES 2018

Nombre de pages lues: 350 / 12000

Nombre de catégories cochées: 1 / 40

☐ Un livre publié en 2018
☐ Un livre publié en 1988 (l'année de ma naissance)
☐ Un livre publié en 2006 (l'année de l'obtention de mon bac)
☐ Un livre écrit avant 1918

☐ Un livre avec un fruit/un légume dans le titre
☐ Un livre avec un pays dans le titre
☐ Un livre avec un animal dans le titre
☐ Un livre avec une couleur dans le titre
☐ Un livre avec un élément dans le titre
☐ Un livre avec un nombre dans le titre
☐ Un livre avec une couverture violette

☐ Un livre de plus de 500p
☐ Un livre de moins de 150p

☐ Un livre dans ma PAL depuis plus de deux ans
☐ Un livre commencé mais pas terminé
☐ Une relecture

☐ Un livre dont l'action se passe durant ma décennie de naissance (80s)
☐ Un livre dont l'action se passe en été
☐ Un livre dont l'action se passe en hiver
☐ Un livre dont l'action se passe en automne
☐ Un livre dont l'action se passe au printemps
☐ Un livre dont l'action se passe au moyen-age
☐ Un livre dont l'action se passe durant l'antiquité

☐ Un livre lu par quelqu'un dans la rue/les transports en commun
☐ Un livre mentionné dans un autre livre

☐ Un polar nordique
☐ Un roman d'enigme
☐ Une uchronie
☐ Une biographie
☐ Une tragédie
☐ Un roman illustré
☐ Un récit de voyage
☐ Une romance SF/Fantasy
☐ Un classique
☐ Un recueil de poésie
☐ Un recueil de nouvelles
☐ Un roman épistolaire
☐ Un roman gothique
☐ Une BD documentaire
☐ Un roman de space-opera

Nationalités différentes: 1 

Pays de Galles (Jo Walton)

Posté par ElanorLaBelle à 11:02 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [7]
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Défis concrets de 2018: Au départ

Cette année, pas de mots vu que je n'arrivais pas trop à suivre le mouvement les années précédentes. J'aurais bien voulu ne pas penser du tout résolutions, défis, objectifs, mais je crois que c'est plus fort que moi: même si je sais que je vais vite me faire déborder, je suis en mode mois de septembre*. En lieu et place, je vais donc poser les bases des objectifs concrets que je me fixe pour cette année dans l'idée de faire un point de temps à autre.

Défi concrets

La lecture et le cinéma. Des challenges pour lire de manière plus variée et me faire une culture ciné digne de ce nom.

La laine. Malgré mon manque maladif d'attention (et donc ma capacité réduite à suivre des instructions), c'est un domaine dans lequel je voudrais m'améliorer. Je ne suis pas dupe, il y a aura BEAUCOUP d'imperfections, mais j'espère terminer suffisamment de carrés pour faire un plaid en tricot et commencer à expérimenter le crochet avec le matériel qu'on a hérité de ma grand-mère. Objectif de fin d'année : avoir un plaid en tricot et un plaid en crochet, dans les deux cas, en mode patchwork.

Le dessin. Il y a encore moult étapes et je n'attends rien de concret pour cette année, mais l'objectif suivant sera de produire un carnet de voyage – et de rendre concrets des projets qui traînent depuis bien trop longtemps dans mes tiroirs. Il y a quand même l'idée d'un griffonnage quotidien sur une thématique mensuelle (en janvier c'est les fleurs et je suis déjà à la bourre)

Les « 52 portraits ». Reprendre là où je m'étais arrêtée. Sans doute pas aller au bout car je n'ai pas suffisamment d'idées de portraits, mais en écrire quelques uns.

La recherche. J'ai fini mon mémoire dans les larmes (plus ou moins) tellement j'en avais marre. Je n'en pouvais plus, je voulais passer à autre chose mais... je ne suis jamais vraiment passée à autre chose en fait. J'ai mis assez de temps derrière moi pour le relire sans que mes fautes grammaticales et le manque de détails dans mon développement ne me fasse le refermer directement. J'ai donc recommencé mes recherches, je ne sais pas trop où ça va me mener mais l'objectif de l'année est de produire un condensé sur le sujet.

La généalogie. Mettre au propre mes recherches, les confirmer mais aussi écrire un maximum de souvenirs de mes parents et mettre en place ce livre de cuisine avec les recettes familiales.

La randonnée. Marcher plus régulièrement que cette année et faire une rando itinérante d'au moins 4-5 jours.

* Vous voyez ce moment en début d'année scolaire où les cahiers sont tout propres, où tu te décides à écrire en rouge pour les grands titres, où tu soulignes bien tout, que tu surlignes les mots importants, que tu ne griffonnes pas trop dans la marge. L'espérance, la confiance.

Posté par ElanorLaBelle à 11:00 PM - - Un thé, un café, une pâtisserie ? [2]
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mercredi 10 janvier 2018

Transition d'une année à l'autre

Au temps du bilan, comment je résumerais 2017 ?

Un début hésitant car je ne savais pas trop sur quel pied danser puis sept mois plutôt intenses et une fin d'année où j'ai eu la bougeotte. Des escapades hors-Bretagne qui ont parfois rimé avec découverte (Jersey) mais surtout avec retrouvailles (Prague, Lyon, Metz, Nancy et re-Jersey). Un petit pas de plus vers la découverte de ma région (Concarneau, Château de Trevarez) et les valeurs sûres (Château de la Roche-Jagu, Monts d'Arrée). Des expos, pleins de salons de thé, moins de cinéma que les années précédentes mais plus de lecture. Quelques nouvelles rencontres, mais surtout l'affirmation d'amitiés récentes. La rencontre avec mon nouvel ordinateur, Edmonde "Rio" de Brescieux, des chats méga collants, des moments d'osmose avec la nature, l'impression d'être plus sauvage et de moins aimé la ville et paradoxalement adorer certains moments passés dans des villes avec des amis - et en redemander. Pas forcément beaucoup d'avancée dans mes envies / projets / mon mode de vie / ma construction, dans l'ensemble une année simple et peu extravagante mais finalement plutôt belle et réjouissante.

2018

 

Et 2018 alors ?

L'année de mes 30 ans et ça me fout une petite pression. L'idée que je dois boucler quelque chose avant d'entamer une nouvelle décennie ne me quitte pas. 

Mais alors que les saisons sont de moins en moins marquées, je pense plus que jamais de manière cyclique. Sans doute le fait de vivre à la campagne dans un lieu rempli d'arbres, de fleurs et d'animaux ; ça pousse à regarder le temps s'écouler de manière différente.

Le calme hivernal, la pluie, le vent, les vagues et les algues brunes qui remplissent la plage. La boue mais la promesse de futures balades lorsque le printemps surgira, que le vert envahira les champs et les bords de route. La naissance des agneaux un matin par surprise, les premiers rayons du soleil qui réchauffent. Le chant des oiseaux et les envies d'ailleurs, de grandes explorations à sac à dos. L'arrivée des touristes, les premières baignades, les lectures dans les transats, les pieds nus dans l'herbe, les expositions estivales. Les coups de soleil en marchant sur les sentiers côtiers, les apéros de la fin de journée, les étoiles filantes – l'épuisement, les larmes, la boule au ventre. Les envies culturelles, la bibliothèque, griffonner dans les salons de thé, marcher dans les feuilles mortes, lire des contes magiques, boire un café au coin du feu, ressortir les manteaux, espérer du froid, s'émerveiller s'il neige – et pester s'il pleut, accrocher les guirlandes lumineuses, visiter une ville avant Noël, s'enrouler dans un plaid entourée de chats, se couper du monde extérieur et cocooner, se forcer à revoir du monde pour le dernier jour de l'année et apprécier à nouveau le calme hivernal.

Alors bien sûr, j'ai des défis et des envies pour cette nouvelle année : lire, faire des randonnées, dessiner quotidiennement, apprendre le crochet pour faire une couverture digne de celle que ma grand-mère m'avait fait enfant, recommencer les portraits, continuer la recherche, faire un tour en montgolfière, organiser ma fête années 30* (...) Il y a les constantes dans les espérances aussi : devenir (enfin!) plus adulte, être plus à l'aise avec les autres, partir à l'aventure, tomber amoureuse (…) Mais au fond, je crois que ce que je veux c'est une année avec des souvenirs, une année où je me sente bien, une année où je ri, une année où je profite du temps qui passe et de ceux qui comptent.

Une belle année.

* Cette histoire de bal années 30 que j'ai dit que j'organisais l'été de mes trente ans est une bonne-mauvaise idée (c'est bientôt, je ne suis pas mentalement et matériellement prête!)